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Critiques / Théâtre

Initiales D.J.

par Jacky Viallon

Syndrome d’anticonformisme théâtral

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Ce spectacle ressemble à une grande déchirure. On imagine que le cerveau du héros éclate et s’ouvre en différents morceaux, pour nous livrer, de manière chaotique, une série de fragmentations. Le décor - des projections de lignes, d’axes de lumières, de morceaux d’images vidéoscopées - est l’illustration de l’éclat que l’on perçoit du personnage principal. Une œuvre abstraite ? Certes ! Originale et loin de tout ennui en tout cas. On parle d’œuvre car ce spectacle relève de la performance, au sens plastique du terme. Il s’agit bien, entre autres, de la démonstration de différentes techniques, de l’ordre du spectaculaire. Un judicieux travail de projections d’images sur l’espace de jeu nous dispense intelligemment d’un décor et donne une dimension presque infinie à l’aire de jeu. Une trame sonore échappe au surlignage et dispose de sa propre expression. Travail sonore que l’on découvre également sur la voix des comédiens.

Sensualité et fragilité

Ils jouent astucieusement de multiples résonances, grâce à des amplificateurs qui libèrent la finesse de l’expression vocale. Cette amplification rend les acteurs encore plus charnels, plus animaux, plus sensuels. Il s’agit bien, en fait, de sensualité. On entend vivre les chairs, on les entend souffrir, jouir et s’apaiser. Il faudrait s’attarder sur le jeu presque électrique des comédiens qui ont su trouver, avec leur metteur en scène Ludovic Nobileau, une étrange et envoûtante mobilité, qui nous fait également ressentir en filigrane lancinant et douloureux la grande fragilité et vulnérabilité des êtres.

Expérimentation déroutante

Ce spectacle, d’une grande originalité, échappe totalement au déjà vu, au traditionnel. Il ne cherche pas l’artifice. Il est constamment en rupture, nous déroute, nous emporte là où l’on ne pensait pas aller. Quand vous irez le voir, puisque vous irez le voir, vous laisserez votre académisme au vestiaire. Vous entrerez dans un espace que l’on peut imaginer libéré de sa vision frontale pour y vivre une expérimentation. Voilà qui bouscule notre perception habituelle du théâtre. Nous sortons de cette aventure avec des images, des sons et des impressions qui frappent certainement au carreau de notre petit conformisme douillet.

Théâtre de la Tempête jusqu’au 19 décembre, du mardi au samedi 20 h, le dimanche 16 h. Tel : 01 43 28 36 36.

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