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Interviews / Théâtre

Hugues Quester

par Gilles Costaz

Entre la scène et la radio

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C’est l’un des comédiens qui nous est le plus familier et qui, pourtant, n’apparaît plus très souvent sur nos scènes. Les spectacles d’Emmanuel Demarcy-Mota l’entraînent constamment à l’étranger. Par chance, nous pouvons l’entendre assez souvent sur France Culture, dans des dramatiques et, en ce moment, dans une lecture quotidienne de textes de J. B Pontalis (Pontalis, ce grand auteur et éditeur récemment disparu à qui l’on doit, pour ne citer qu’un travail qui nous ramène au théâtre, le recueil d’articles du grand critique dramatique-poète qu’était Michel Cournot, De livre en livre, Gallimard, 1912). Quester nous parle de ses déambulations entre les théâtres du monde entier et les micros de France Culture.

Vous êtes un des grands acteurs français, et l’on ne vous voit plus ! Sinon dans la reprise de Victor ou les enfants au pouvoir l’an dernier au Théâtre de la Ville.

Depuis plus de dix ans, je suis en tournée avec le Théâtre de la Ville, principalement en France, mais aussi à l’étranger, au Portugal notamment. L’an dernier, notre Rhinocéros de Ionesco a rencontré un succès énorme dans de très vastes salles, à Los Angeles, à Berkeley… A New York, l’ami Harvey Keitel s’est enthousiasmé autant que le public – deux mille personnes par représentation ! Les gens sont fascinés à la vision de ce spectacle épique, mis en scène par Emmanuel Demarcy-Mota. L’accueil est le même à Montréal, Londres, Moscou, Istanbul, Barcelone, Lisbonne, Athènes. Chaque pays reconnaît son Rhinocéros.

Regrettez-vous de ne pas jouer à Paris ?

Oui, jouer à Paris me manque mais j’aurais rarement eu l’occasion de faire de telles tournées, rencontrer d’autres cultures sans ces tournées. En voyageant on devient davantage citoyen du monde. D’ailleurs, je suis en partance pour Séoul avec Victor ou les Enfants au pouvoir de Vitrac, toujours dans une vision de Demarcy-Mota. Ensuite, ce sera Rhinocéros à Buenos Aires et Santiago du Chili. Puis retour au Théâtre de la Ville.

Vous avez néanmoins une actualité à la radio.

Ces tournées internationales me laissent peu de temps pour enregistrer à la radio, mais Blandine Masson, par bonheur, fait appel à moi, à France Culture, pour lire Marée basse, Marée haute, une suite de nouvelles magnifiques, ultime œuvre de J.-B Pontalis. « Cette alternance est à l’image de ma vie, de toute vie peut-être, la vie s’éloigne, mais elle revient », écrit Pontalis qui écoute la mémoire des êtres blessés par la vie. Il examine des situations, défait des nœuds et nous expose avec simplicité ce qui fait basculer une vie dans un sens ou dans un autre. Il offre au lecteur et à l’auditeur tous les éléments afin qu’il mène sa propre réflexion.

Qu’apporte le langage de la radio ?

Je pense que la radio rassemble. On y entend mieux le langage. L’attention aux voix, aux sons y est très vive. Elle offre un terrain d’analyse et de pensée immédiat. Elle peut être aussi une source d’émotion à travers les sons de la vie.

Maison basse, Maison haute de J.B Pontalis lu par Hugues Quester, réalisation de Blandine Masson et Véronique Villa, France Culture, du lundi au vendredi, 19 h 54, jusqu’au 4 octobre. Livre aux éditions Gallimard.

Photo Patrick Messina

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