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Festival Ring au Théâtre de la Manufacture de Nancy

par Dominique Darzacq

Une édition très branchée

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Plus qu’un espace d’affrontement, RING (Rencontres Internationales Nouvelles Générations) est une manifestation artistique où s’explorent et se découvrent les formes émergentes et innovantes. A l’heure où le numérique s’immisce de plus en plus dans nos vies, propose, voire impose de nouvelles donnes à notre quotidien, chamboule nos habitudes et l’air du temps, génère de nouveaux comportements et de nouvelles approches artistiques, il allait de soi que Ring pour sa 6èm édition, braque ses projecteurs sur les différentes manières dont le spectacle vivant s’empare des nouvelles technologies.
Ainsi, du 12 au 20 avril, Nancy cité du macaron et des bergamotes se transforme en un vaste terrain de jeu et de réflexion autour du numérique. Qu’il s’agisse de théâtre, de danse, de musique ou d’installations, les spectacles dans la différence de leur facture interrogent le monde dans ses transformations digitales. Certains sonnent comme une alerte. Parmi ceux-ci Stage your city ! de Michel Didym. Il s’agit d’une proposition déambulatoire au cours de laquelle nous ferons la connaissance de Zigmagora débarqué de l’année 2077 et d’un univers aseptisé et sous contrôle mais déserté de toute surprise et émotion, où plus rien de va. Pour tenter de sauver ce qui peut l’être, il donne mission à chacun des spectateurs présents de saisir les traces d’humanité, les valeurs de fraternité et de partage et pour cela les invite à parcourir la ville, à faire des choix d’orientation, d’emprunter tel ou tel itinéraire, ce qui laisse ouverte la question « saurons-nous éviter le pire ».
Pour sa part Julien Guyomard avec Syndrome U imagine un système informatique, lequel de sondage en sondage, finit par mettre au point un homme politique parfaitement représentatif de la pensée majoritaire. Une fable politique d’anticipation qui interroge la responsabilité citoyenne dans un monde globalisé (voir sur ce site la critique de Gilles Costaz du 25 mars).

D’autres marient astucieusement rêve d’enfance et web, archaïque et virtuel, tel Raphaël Gouisset qui après avoir « regardé le monde par le petit bout de la lorgnette" (Cabaret des solitudes), explore aujourd’hui « les infinies possibilités et manières de marier le web et l’art vivant ». Avec « Worldwidewestern », « fasciné par les yeux plissés des cowboys », il fait de la toile une vaste pampa où, entre raccourcis clavier et chevauchées sans cheval mais avec ordinateur, vidéoprojecteurs et bande aux petits oignons, il nous invite à un rituel propre dit-il « à expulser mes frustrations de n’avoir jamais brisé de tabouret de bois sur le dos d’un cowboy saoul ». Cowboy à la frange du comique et de l’absurde Raphaël Gouisset nous raconte mine de rien qu’être branché n’empêche pas d’être poète.
Pendant ce Festival, on rencontrera des marionnettes virtuelles et une intelligence artificielle qui rêve de faire du théâtre (Artefact de Joris Mathieu), On y revisitera en multimédia le cinéma d’horreur, de l’épouvante au gore (Hunter de Marc Lainé), on jettera des ponts entre légende ancestrale et imaginaire futuriste (Yi ou le dernier soleil par le collectif Kinorev) et avec la compagnie québécoise Le Théâtre humain, il sera question de la quête d’identité.
C’est au total vingt spectacles accompagnés de rencontres et de débats qui pendant 9 jours, comme nous le dit Michel Didym « donneront à Nancy l’allure d’une cité imaginaire où se télescoperont différentes visions artistiques, nous transportant dans de nouveaux espaces à vivre et à imaginer ».

RING Théâtre de la Manufacture CDN de Nancy Lorraine du 12 au 20 avril
Tel 03 83 3742 42 www.theatre-manufacture.fr

Photos « Hunter » ©Simon Gosselin, Worldwidewertern ©Marie Rouge

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