Paris, Théâtre de la ville, du 31 mai au 5 juin 2010
El final de este estado de cosas, redux (*). (La fin de cet état de choses, redux)
UN spectacle hors du commun

Avec cette création inspirée de L’Apocalypse de Jean, le chorégraphe et danseur sévillan Israel Galván a embrasé la Carrière de Boulbon au Festival d’Avignon en 2009 devant des spectateurs ébahis et enthousiastes. Introduit par une procession des interprètes vêtus en pénitents, un premier solo de danse exécuté sur le sable blanc disposé à l’avant du plateau évoque l’exil de l’Evangéliste à Patmos. S’enchaine ensuite une succession de chapitres - séquences retenus par le chorégraphe, porteurs d’éléments historiques ou prophétiques, annonciateurs de violences et de maux que Galván rapproche brièvement de la guerre du Liban en 2006, à travers la vidéo d’une danse exécutée à Beyrouth à cette époque par l’une de ses anciennes élèves, Yalda Younes. Accompagné de douze musiciens et chanteurs – magnifiques - répartis en trois groupes (flamenco - saetas, rock, jazz), le danseur multiplie l’inventivité d’une chorégraphie qui bouleverse et nourrit les codes traditionnels du flamenco, porté ici aux lisières du tango ou du butô japonais. De transformations en mutations, le corps palpite, les membres se tordent ou se tendent, inscrivant dans l’espace un langage signifiant rythmé par les variations orchestrées des claquements de talons. Avec quelques trouvailles scéniques et la complicité du metteur en scène Txiki Berraondo, Israel Galvan - nourrit par la Bible depuis l’enfance - offre ainsi une lecture personnelle de l’ Apocalypse rendue passionnante par ses qualités de danseur et la force dramaturgique d’une représentation partagée entre rituel païen et danse de mort. Un spectacle hors du commun.
* “redux ” en référence à la version longue du film de Francis Ford Coppola, Apocalypse Now, redux.
El final de este estado de cosas, redux, chorégraphie Israel Galván, mise en scène Txiki Berraondo, avec Israel Galván (danse), Inès Bacán, Juan José Amador (chant), José Carrasco (percussions), Bobote (danse, palmas, compás), Eloisa Cantón (violon) et les musiciens de Orthodox et de Proyecto Lorca. Durée : 1heure 50.
Théâtre de la Ville – Paris, du 31 mai au 5 juin 2010.
La Maison de la Danse – Lyon, du 17 au 20 novembre 2010.
© Christophe Raynaud de Lage
Première publication : le 28 juillet 2009



