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Corneille Molière l’arrangement

par Jean Grapin

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A la lumière tremblotante d’une bougie à leds (modernité oblige) le spectateur assiste médusé amusé enthousiaste à la rencontre explosive au travers des siècles de Corneille et de Molière. L’un, géant de la tragédie, rêve de comédie hanté qu’il est par le succès de sa jeunesse, l’autre, géant de la farce, rêve de tragédie. Pour l’un et l’autre ils sont père et fils d’élection et d’adoption. Vie de comédien en miroir. Mais aussi vie d’homme avec leurs petits et gros défauts.

Tout les rapproche. Homme de théâtre aimant l’argent et les mêmes femmes, aimant la gloire et le vin. Complices. A la fois complémentaires et jaloux l’un de l’autre. Riches ou impécunieux ambitieux toujours : vieillissant aussi .Ressassant sans s’en rendre compte les même répliques. Deux hommes partageant la même passion. Immergés dans la vie et ses contrastes de travail. L’un proposant des trames des sujets, l’autre jouant et corrigeant. A l’un le beau style, l’autre le naturel. Un couple littéraire.

Valérie Durain assume crânement dans sa pièce la thèse d’un contrat commercial entre les deux hommes. Mais l’écriture du texte (toujours scrupuleux dans la chronologie biographique) promeut le jeu et plaide insidieusement et malicieusement pour une forme de suprématie de Molière. Les comédiens s’en donnent à cœur joie. Le naturel croissant naturellement et finement en sa farce. Les morceaux de bravoure avalés tout crus sans effets excessifs.

Le jeu sobrement éblouissant est authentiquement moliéresque et ce dans sa meilleure acception.
(Ah ! Avoir vu Corneille gobé en Harpagon….)

Post Scriptum :

Disons le tout net concernant la querelle en paternité sur l’auteur des œuvres de Molière la thèse défendues par Valérie Durin est plus que vraisemblable.

Jean Baptiste Poquelin serait aujourd’hui créateur d’événement, entrepreneur de spectacle et fournisseur exclusif des divertissements comiques de sa majesté. Molière serait sa marque de fabrique. Ce qui compte c’est jouer et le faire savoir.

Au fond l’écriture n’est pas considérée comme une œuvre en soi .L’impression des textes impose une relecture réécriture pour passer la censure et propager la rumeur dans les cercles qui décident de la réputation.

Les deux hommes du fait de leur expérience d’hommes de théâtre ayant vécu tous deux en province et à Paris connaissent déjà les ressorts de la publicité.

Corneille jouerait dans cette entreprise le même rôle qu’Auguste Maquet auprès d’Alexandre Dumas…

Corneille Molière l’arrangement par Valérie Durin avec Michel Durantin Pascal Gleizes
Théâtre des amants à 14 h 15 tel 04 90 86 10 68

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