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Comment faire de l’extraordinaire à partir de l’ordinaire

par Gilles Dumont

Gilles Galliot, de Actant Productions

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webthea : Emmanuel Galliot vous êtes violoniste et vous vous produisez en grande partie devant un public de personnes agées. Quel est votre parcours et d’où vient cette passion pour ce domaine ?

Emmanuel Galliot : Après 9 ans de violon classique je me suis dirigé vers les musiques tradionnelles. Mon professeur m’a alors dit que j’allais rejoindre “ceux qui jouent de la guitare”. C’était l’excommunication ! L’amour des musiques celtiques et anglo-saxonnes ne m’a plus quitté. En même temps le violon à toujours été associé au chant. J’ai passé plusieurs année à Grenoble où je me suis occupé du Café des arts. J’ai commencé à réunir des gens autour de la chanson. On m’a demandé quelques fois d’aller jouer certains après-midi pour des personnes agées. De fil en aiguille, j’ai cherché des vieilles partitions oubliées dans les greniers. Il en est aussi sortie l’écriture d’un livre.


webthea : Comment êtes-vous accueilli ?

Emmanuel Galliot : Les personnes agées ont gardé un art de chanter, un peu comme de recevoir ou de servir le thé. En même temps, elles - car ce sont essentiellement des femmes - évoquent des souvenirs personnels où de l’époque qui accompagnent les chansons. Ces souvenirs sont très précis.
La dimension spectacle est assez réduite. Cela est du aux conditions de jeu, mais, en même temps, chaque chanson est un spectacle en lui-même de 3 minutes. J’essaie aussi de leur faire découvrir d’autres univers que les seules chansons parfois un peu “mélo” que nous connaissons tous.
La danse est aussi un passage obligé pour le violon. Pour comprendre cet instrument il faut retourner à ses racines. L’archet et son rebond sur les cordes à quelque chose à voir avec le rebond du pied sur le sol. Je dois aussi adapter ma manière de jouer à leur manière de danser.


webthea : Le spectacle jeune public à été longtemps considéré, et même encore aujourd’hui, avec condescendance sinon avec mépris. N’est-ce pas aussi le cas pour les spectacles qui sont joués dans les clubs du troisième âge ?

Emmanuel Galliot : C’est peut être un peu utopique, mais je pense qu’un spectacle doit s’adresser à tout le monde. Mais finalement, un club de personnes agées, une maison de retraite, un foyer, qu’est-ce que c’est ? Des endroits dans la ville où les gens veulent vivre ensemble quelque chose gratuitement. Ces personnes ne sont plus considérés comme utiles à la société et vivent entre-elles. Mais il suffit d’ouvrir la porte, de leur parler, pour qu’il y ait un echo, une réponse. Cela peut prendre la forme d’un spectacle, d’une représentation, d’une exposition, etc.
Il peut y avoir de grandes différences d’un endroit à un autre. Dans certains lieux les activités sont nombreuses et dans d’autres il ne se passe pas grand chose. L’attente est alors énorme. Il faut faire le Grand Orchestre du Splendid avec en même temps l’émotion d’Edith Piaf. Ce n’est pas toujours gagné pour un seul violoniste (rires).

webthea : Quels sont vos projets ?

Emmanuel Galliot : L’intergénérationnel est aujourd’hui une évidence, comme organiser des contacts entre la maternelle et la maison de retraite. C’est enfoncer une porte ouverte que de dire que c’est génial. Cependant, le grand intérêt, ce qui à mon sens est important, c’est d’inventer des projets d’ensemble qui associent de nombreux acteurs de proximité. Ou comment faire de l’extraordinaire à partir de l’ordinaire.
Je réfléchis par exemple à un spectacle sur la ligne 5. On partirait de Villejuif pour arriver à Bobigny, et on raconterait l’histoire de manière poétique et musicale de chacun des quartiers traversés, en avanceant dans le temps.

www.actant.coop

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