De Nicholas Snowman à Marc Clémeur, un virage en douceur et estime
Changement de direction à l’Opéra National du Rhin
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- 10 mai 2009
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- Opéra & Classique
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Les 65 étés de Nicholas Snowman l’obligent à rendre son tablier directorial d’un établissement public, c’est la loi du genre, on ne peut plus y travailler passé ce cap pourtant bien dynamique chez beaucoup de ces retraités forcés. Snowman qui, entre autres fonctions, fut le cofondateur de l’IRCAM et de l’Orchestre Inter-Contemporain à Paris, l’initiateur à Londres du fameux South Bank Centre, le directeur du festival de Glyndebourne a encore de belles perspectives professionnelles devant.
Il quitte, un brin nostalgique, la belle maison d’opéra de Strasbourg après six années – deux mandats – d’une activité qui inscrivit l’institution au rang des plus en vue d’Europe. De son premier cycle intitulé Vendanges Tardives à celui d’une nouvelle Tétralogie, en passant par un cycle Berlioz et le thème de la Guerre de Troie, Snowman enregistra trois créations mondiales, deux créations françaises et une série de réussites lyriques qui marquèrent les mémoires, Cosi fan Tutte, Lulu, Fidelio, Jephta, l’Autre Côté et ce Ring d’une infinie poésie signé David McVicar, dont il ne verra pas le Crépuscule – programmé pour 2011 ce qui constitue le seul regret de son départ. Il gardera, dit-il, admiration et estime pour la magnifique équipe d’artisans aux commandes des décors, costumes, régie et lumières. Fiertés, satisfactions : Nicholas Snowman aura assaini les comptes de la maison qui au jour J ne laissera plus aucun déficit, il en aura considérablement élargi le cercle des mécènes et aidé à la mutation de Jeunes Voix du Rhin en Opéra Studio pour donner plus de chances aux vedettes en devenir.
Le passage de flambeau à Marc Clémeur
Le passage de flambeau de Nicholas Snowman à Marc Clémeur, 56 ans, se fait en estime réciproque, phénomène aujourd’hui, il faut bien le constater, plutôt rare. Clémeur poursuivra la politique de créations, renouera les liens avec le festival strasbourgeois de musique contemporaine Musica, et, dans l’optique d’un « Opéra d’Europe », dénomination qu’il accole à celle d’Opéra National du Rhin, il tracera de nouveaux « boulevards » entre Strasbourg et ses voisins d’Allemagne et de Suisse (à l’image du Festspielhaus-express qui transporte les spectateurs de Baden Baden, il fera mettre sur roues un réseau de bus « Rheinopern-express ») - , il mettra au point un système de vente en ligne et pratiquera quelques autres innovations d’ordre pratique. Sa première saison se conjuguera sur le thème du choc des générations : Richard III, Louise, Ariane à Naxos, Macbeth répondront aux diverses lectures de cette définition. Le 20 juin la saison s’achèvera sur la reprise du souriant Falstaff créé en 2004 qui avait en décembre dernier salué le départ de Marc Clémeur de l’Opéra de Flandre qu’il dirigea durant 18 années (voir webthea du 19 décembre 2008).
Renseignements : + 33 (0)3 88 75 48 00



