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"Ce matin, la neige" de Françoise du Chaxel, Ed.Théâtrales

par Jacky Viallon

le maquis, la résistance et l’existence

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« Ce matin, la neige » de Françoise du Chaxel Editions Théâtrales/ Elia compagnie, Janv.2011

A priori nous pourrions appréhender la lecture de ce monologue. Souvent, la forme même du monologue apparaît austère et encourage notre imaginaire à la paresse. Ici, par contre pour page franchie nous entraine assez vite aux trousses de l’argument et on se laisse porter par les images fortement évocatrices de Françoise du Chaxel. De plus son écriture épurée, sans artifice, franchit la matérialisation des mots pour enrichir notre champ imaginaire.

Quant au contenu il évolue avec délicatesse et pudeur. L’action se glisse insidieusement dans notre esprit. Chaque composant de l’écriture et de l’histoire se faufile (Entendre, le double sens : au sens couture et au sens fuite).
On s’autorise avec l’auteur la respectable pudeur de rester sur la réserve de narration, les ellipses sont adroites, on les attrape au vol. On joue alors sur un régime distanciatoire très souple et non contraignant. C’est probablement dû à la force évocatrice d’un auteur qui sait consciemment ou instinctivement jouer sur cet espace distancié. Qu’importe finalement tout ce questionnement ! Mise à jour d’un exercice ?
Ainsi regrette-t-on de ne pas avoir eu le plaisir de voir la mise en jeu théâtral produite à partir de ce texte.

Ce mode d’écriture riche de structures aux imbrications multiples ne peut qu’exciter et stimuler les metteurs en scène. A cet effet voici une présentation du texte qui mériterait d’être plus coutumière : la deuxième partie du livre se présente comme une version plus « dramatique » et nous laisse augurer du potentiel dramatique caché derrière pages et rideaux.

Quant à l’histoire, parlons-en ? L’être humain ne vient-il pas sur terre pour créer, vivre et écouter d’autres histoires ? C’est ce que l’on nomme dès lors l’expérience. Sur le mode pratique ici la structure narrative est caudine : 1939, déclaration de guerre à l’Allemagne, les alsaciens sont évacués, Anna, 16 ans se retrouve avec ses parents hébergés dans le Périgord par une famille de fermiers. La toile de fond : le maquis, la résistance et l’existence. Il y a malgré la violence, la vie, la vraie vie, celle qui bouillonne dans les veines pour échapper à la mort, celle qui autorise et qui déculpabilise la passion. Donc il y a l’image de Pedro, de Thomas , le soleil du mois d’aout …Puis il y a cette puissante métaphore de la neige qui par son silence recouvre tout : « la ferme est silencieuse, la neige de ce matin recouvre les chagrins… » Dira l’auteur…On peut dire, maintenant, parait-il : l’auteure. Nous on dira tout simplement : Françoise du Chaxel…et on ajoutera dans le silence : merci.

Par Jacky Viallon

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