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Carolyn Carlson académicienne

par Yves Bourgade

chorégraphe, danseuse, poétesse et philosophe

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L’Académie des Beaux-Arts de l’Institut de France a complété son dispositif en faveur de la danse ce début décembre 2020 en élisant Carolyn Carlson au fauteuil IV de sa nouvelle section de chorégraphie.
Elle y rejoint Angelin Preljocaj, Thierry Malandain et Blanca Li auxquels on peut ajouter le Tchèque Jiri Kylian, dans la section des membres étrangers de l’académie.
Née Américaine en 1943 avec des origines finlandaise, elle a la nationalité française depuis 2019, mais elle exerce ses multiples talents principalement en France où l’on connait bien, depuis les années 70 du XXeme siècle, sa silhouette longiligne, ses bras et ses jambes tentaculaires et élégants.
Danseuse et interprète de ses créations chorégraphiques, Carolyn Carlson a conçu un style inimitable bien qu’elle sait en révéler l’esprit aux danseurs qu’elle apprécie. Style qui s’exprime, d’abord dans ses solos (le mythique « Blue Lady », 1983), avec des gestes qui tranchent l’air et l’espace en géométries variables, précises et pourtant fluides et qui n’exclut jamais la fantaisie.
Elle reconnaît aussi un goût pour l’improvisation nourrie d’une culture multiple, occidentale et orientale, transmise comme un mode de vie permanent dont on retrouve le mystère dans ses poèmes et ses dessins. On retrouve par ailleurs chez elle une relation directe avec la nature, ses fluctuations, ses douceurs comme ses agressions.
Son compatriote le chorégraphe Alwin NikolaÏ, son « beloved master » a orienté toute sa vie d’artiste. Il l’a engagée en 1965 pendant sept ans dans sa compagnie où elle apprend à sculpter et à habiter l’espace en établissant un rapport entre le corps et ses divers avatars, la lumière et la couleur. Elle vient à cette époque en France avec Alwin Nikolaïs et reçoit au Festival international de danse de Paris 1968, le prix de la meilleure danseuse.
Elle revient en France en 1971, engagée par la Compagnie Anne Béranger comme chorégraphe et soliste ce qu’elle est restée jusqu’à une date récente, multipliant les aventures artistiques en Europe, notamment à Hambourg, à Venise, en Finlande, en Suède et naturellement en France à Paris où elle imposa la danse contemporaine à l’0péra avec le titre d’étoile-chorégraphe et la création du Groupe de recherche théâtrale de l’Opéra de Paris (GRTOP) de 1975 à 1980. Elle a installé en 2014 sa compagnie à l’Atelier de Paris à la Cartoucherie de Vincennes dont elle a fait un lieu de création et d’accueil en résidence.
La plupart de ses solos et ses pièces d’envergure témoignent de son approche de la danse, une « langue sans mot » (comme elle la définit), de son travail d’introspection et de sa réflexion sur la vie. Ou bien dans « Signes » ballet créé en 1997 pour l’Opéra de Paris, elle est inspirée par la peinture d’Olivier Debré et en présente une vision philosophique teintée d’orientalisme dans des décors et des costumes aux couleurs vives.
Sa création, ininterrompue depuis plus de cinquante ans, est notamment nourrie de références de ses artistes favoris, peintres poètes et philosophes, comme c’est le cas de « Now » (2014), une de ses dernières chorégraphies inspirée par la philosophie de Gaston Bachelard. Dans cette pièce, elle part de la réflexion que « la danse vit et meurt au même moment », dit-elle, « elle s’inscrit donc toujours dans le présent et nous avons la possibilité de changer le monde, maintenant ».
photo Laurent Pallier

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