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Critiques / Danse

"Boxe Boxe" de Mourad Merzouki

par Yves Bourgade

Interaction entre danse hip-hop, musique et boxe

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Sur le papier, le mariage entre danse et boxe n’est pas évident et peut surprendre. Et pourtant il est tenté et réussi par Mourad Merzouki dans son spectacle « Boxe Boxe » qui fait étape à Paris au Théâtre du Rond-Point, après avoir été créé en 2010 à la Biennale de la danse de Lyon.
Depuis le début des années 90, Mourad Merzouki , Lyonnais d’origine algérienne et française, est en France une figure reconnue du mouvement hip-hop dans lequel il baigne depuis l’âge de 15 ans, après être passé, plus jeune, par la pratique des arts du cirque et des arts martiaux. Pour preuve de sa notoriété, la responsabilité qui lui a été confiée du Centre chorégraphique national de Créteil depuis 2009.
L’éclectisme de sa formation initiale l’a amené très rapidement à confronter la gestuelle hip hop, née dans la rue, à d’autres langages de la danse contemporaine, auprès de chorégraphes comme Maryse Delente, Jean-François Duroure et Joseph Nadj.
En 1996, ce danseur chorégraphe fonde sa propre compagnie Käfig, du nom de sa pièce inaugurale qui signifie « cage » en arabe et en allemand.
La démarche de Mourad Merzouki est clair : tout en voulant développer son univers artistique lié à sa sensibilité et à son histoire, il refuse de s’enfermer dans un style.

L’idée de Boxe Boxe est ainsi née. Le chorégraphe a ensuite rencontré le Quatuor à cordes Debussy, révélé en 1993 au Concours international de quatuors à cordes d’Evian, formation qui, elle aussi, est à la recherche de passerelles avec d’autres disciplines artistiques.
Sur scène, les six danseurs de « Käfig » voisinent avec les quatre instrumentistes du Quatuor Debussy aux mouvements intégrés à la danse réglée par le chorégraphe.
Boxe Boxe ne s’articule pas autour d’une intrigue et se décline sans temps mort. La gestique des danseurs hip-hop à la souplesse virtuose phénoménale fait songer à certains des mouvements balancés et d’esquives des boxeurs sur un ring. L’univers de l’affrontement de la boxe n’est-il pas de l’ordre du défi que se lance un danseur lorsqu’il affronte le public.
L’accompagnement musical du Quatuor Debussy se présente de son côté à la fois comme le contrepoint et le compagnon du spectacle, tantôt onirique, tantôt mystérieux, parfois comique, qui se déroule sur le plateau. Ce sont de brèves séquences empruntées à Ravel, Verdi, Mendelssohn, Philip Glass, Henryk Gorecki ou au Schubert du quatuor La jeune fille et la mort.
On ne s’ennuie pas un seul instant à cette fête d’interactions entre danse, musique et boxe.

Théâtre du Rond –Point à Paris, jusqu’au 18 juin à 20h30, dimanche, 15h, relâche les lundis, et le dimanche 4 juin. Durée 1H10. Place 38€.

Photos « Boxe Boxe » ©M Cavalca

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