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Critiques / Théâtre

Bonheur titre provisoire

par Jean Chollet

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Ce spectacle, inspiré au trio composé d’Alain Timar, Pauline Méreuze et Paul Camus, par les trois volumes du Traité du Bonheur du philosophe Robert Misrahi, constitue une interrogation sur cet état de plénitude auquel aspirent tous les hommes et les femmes. Qu’est-il exactement ? Est-il possible ? Comment l’obtenir ? Sans prendre parti entre les nuances qu’apportent Spinoza, Montaigne, Rousseau ou Schopenhauer sur le thème, les trois complices tentent d’éclairer le sujet de manière légère, ludique ... et théâtrale.

Sur scène, un duo, composé de Pauline et de Paul, s’interroge sur sa capacité à être heureux dans le monde chaotique et cruel qui est le leur. Dans une succession de situations, ils abordent à travers leur quotidien, leur vécu et leurs sentiments intimes, les points de repères nécessaires à l’accomplissement de leur quête. Pas simple. Car il ne suffit pas de vouloir pour obtenir, et la notion de bonheur n’est pas la même pour tous. Chacun ici l’exprime à sa manière. Elle avec fragilité dans son agitation entre rêves, peines et révoltes ; lui, en portant un regard plus pragmatique sur la situation à travers ses exigences et les opportunités à saisir. Si, parfois, dans l’exposition de leurs trajectoires cela dérape un peu, le propos demeure attachant en laissant filtrer quelques lueurs d’espoir sans mièvrerie.

Dans un espace central à deux plans composé de toiles blanches, Alain Timar, metteur en scène, mais aussi plasticien de qualité, intervient ponctuellement au fil de la représentation en créant des motifs picturaux, à même d’accompagner ou de susciter les actions de la représentation et de l’interprétation.
Celle-ci est surtout marquée par la présence de la jeune Pauline Méreuze, déjà révélée dans Les Acteurs de bonne foi dans la mise en scène de Jean Pierre Vincent en 2010. Par sa sensibilité à fleur de peau, ses variations dans plusieurs registres accompagnées d’une grande capacité d’écoute de son partenaire, elle prouve qu’elle a toutes les qualités d’une grande comédienne en devenir. A ses côtés, Paul Camus n’est pas en reste, dans un jeu volontairement plus retenu et parfois distancié. Sans prétentions démesurées, un spectacle qui offre à sa manière un moment de bonheur … naturellement provisoire.

Bonheur titre provisoire,
pièce inspirée de Robert Misrahi, texte, réalisation et interprétation de Alain Timar, Pauline Méreuze et Paul Camus. Lumières et son Hugues Le Chevrel, costumes Chloé Velay.
Théâtre des Halles – Avignon. Tournée en cours d’élaboration.

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