Accueil > Ballets de Monte - Carlo

Critiques / Danse

Ballets de Monte - Carlo

par Yves Bourgade

Dans le sillage des Ballets russes et de Nijinsky

Partager l'article :

110 ans après l’apparition des Ballet russes de Serge de Diaghilev à Paris et 90 ans après leur dissolution du fait de la mort de leur fondateur, cette compagnie itinérante fait rêver par la richesse du répertoire qu’elle laisse et qui reste source d’inspiration.
Récent exemple, le programme En compagnie de Nijinsky que proposent les Ballets de Monte-Carlo au Théâtre des Champs-Elysées (TCE) à Paris du 8 au 10 février 2019.
Les quatre pièces qui sont à l’affiche sont signées de quatre chorégraphes vivants qui ont puisé leurs idées dans des musiques qui ont inspiré ou ont été écrites pour les Ballets russes et leur étoile Vaslav Nijinsky lequel a associé son nom à ces pièces.
Les plus audacieuses innovations en danse comme en musique et également parfois pour les décors et les costumes, côtoient la tradition dans ce que dansaient les Ballets russes, tout au long de la soixantaine d’oeuvres qu’ils ont créées en 20 ans.
Si les actuels Ballets de Monte-Carlo ont choisi, avec ce programme En compagnie de Nijinsky, cette référence aux Ballets russes, c’est que la compagnie de Diaghilev se fit connaitre en Occident en se produisant à Paris (notamment déjà entre autres au TCE) et à Londres, mais aussi à Monte-Carlo et que la principauté fut un de ses points d’ancrage.
En outre, après leur dissolution en 1929, les Ballets russes continuèrent, avec des bonheurs divers, à survivre à travers les créations de troupes constituées d’anciens danseurs et chorégraphes de la compagnie et ce jusqu’au début des années 60. Certaines étaient basées sur le rocher monégasque et tournèrent à travers le monde, sans avoir l’extraordinaire sens de l’innovation qu’avait Diaghilev.
C’est d’une volonté des princesses Grace et Caroline de Monaco que les actuels Ballets de Monte-Carlo, forts aujourd’hui de 50 danseurs sont nés en 1985 et constitués en troupe permanente et à vocation internationale , d’abord sous la direction de Pierre Lacotte et Ghislaine Thesmar, puis de Jean-Yves Esquerre et depuis 1993 de Jean-Christophe Maillot qui mène un travail de création parallèlement à la reprise de ballets de chorégraphes néo-classiques.
Jean-Christophe Maillot ouvre le programme au TCE particulièrement excitant En compagnie de Nijinsky, avec sa lecture de Daphnis et Chloé, musique de Ravel pour laquelle il a fait appel comme décorateur au plasticien Ernest Pignon-Ernest,. Une lecture qu’il conçoit comme un parcours initiatique amoureux, contrarié jusqu’à son accomplissement.
Le Belge Jeroen Verbruggen, sous le titre Aimais-je un rêve, propose sa version de L’après midi d’un faune de Debussy : dans le duo de deux danseurs, le faune évoque le monde queer, c’est la découverte d’un monde différent.
L’Allemand Marco Goecke propose du Spectre de la rose, musique de Weber, une
vision nourrie du poème de Gautier et autorisant des interprétations nouvelles avec le rouge comme couleur dominante
Le Suédois Johan Inger remonte « d’après » la chorégraphie de Michel Fokine, Petrouchka, musique de Stravinsky : la poupée russe est devenue un mannequin de vitrine et revient à la vie doté d’une identité et d’une finalité imaginée par un créateur de mode.
Comme le démontrent ces quatre pièces, leurs auteurs ne recherchent pas la reconstitution archéologique, mais puisent avec bonheur une inspiration nouvelle dans les chefs d‘oeuvre du passé. C’est Picasso réinterprétant Les menines de Vélasquez.
Les Ballets de Monte-Carlo se produisent au TCE, accompagnés du Philharmonique de Monte-Carlo qui, sous la baguette de son directeur musical le Japonais Kazuki Yamada, par ailleurs donnera un concert symphonique célébrant la mémoire des Ballets russes, avec Jeux de Debussy (partition que chorégraphia et dansa Nijinsky en 1913 ) et L’oiseau de feu de Stravinsky (ballet de Fokine créé en 1910 à l’Opéra de Paris par les Ballets russes), ainsi que Shéhérazade de Rimsky-Korsakov, le maître de Stravinsky, qui fut aussi chorégraphiée par Fokine en 1910 pour les Ballets russes.

TCE Paris : Ballets, 8 et 9 février 2019 à 20h, 9 février 2019 à 15h, 10 février 2019 à 16h, places de 15 à 110 €
Concert , 5 février 2019 à 20h, places de 5 à 65 €

Photos ©Alice Blangero

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.