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Billets d’humeur / Jacky Viallon

A propos de Grugru 3 de et par Henri Gruvman

par Jacky Viallon

En tirant sur le long fil étiré du temps

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À l’heure où tout est tendu, où tout est cloisonné, sectorisé Henri Gruvman lâche son ballon dans le ciel et laisse échapper de son écran de rêve, on peut dire de « son écrin de rêve » » des lambeaux de souvenirs, des pans entiers d’obsessions et pour continuer à filer doux, gare bon vent le registre psychanalytique on s’autorise à dire que Gruvman va chercher dans sa mémoire profonde les déchirures et les traces qui organisent probablement sa « grammaire psychique » dont les règles strictement établies lui permettent de s’accorder au monde d’aujourd’hui.
À cet effet, le voilà donc, tantôt devant, tantôt derrière et voire même à travers l’écran de cinéma avec lequel il partage l’espace du plateau. Les effets de glissements d’images sont magiques et quoi de plus troublant que de voir le comédien traverser l’écran pour participer directement dans le film à l’action menée par son image filmée il y a plusieurs années. Sans compter que le poids de la symbolique se fait fort au niveau des interprétations formulées à partir de ces imbrications dont les différentes strates sont épluchées et effeuillées à notre barbe Le personnage de Gruvman joué doublement par Gruvman lui-même sur l’écran et sur la scène juxtapose deux mondes pathétiques qui nous offrent dans leur course au réel des résonances issues de nos rêves et fantasmes inavoués et inaboutis.
Chaque image semble nous rappeler notre propre quête. On suit curieusement Gruvman dans son parcours à travers les dédales de la vie labyrinthique qui fait de l’homme un éternel chasseur au parcours chaotique, hasardeux et souvent cruel.
À plus mûr bien entendu, ce n’est pas franchement explicite, mais on perçoit tout de même en filigrane à travers cet écran et celui de nos illusions que la vie est une chausse-trape accidentée de tapettes à souris déguisées en pièges à rats.
Alors, comme nous, Henri Gruvman, aujourd’hui, devant son écran, accuse sème embûches et machines à croche-pattes dans son rapport à son l’autre. Témoin rêveur de son défilé personnel, presque hébété devant tout ce temps passé, Gruvman court encore après ses images tout en pourchassant Henri de l’autre côté du miroir.
Héros de lui-même et peut-être de nous tous, Henri Gruvman dévore devant nous l’espace métaphorique qui le sépare de l’écran à sa réalité d’aujourd’hui.
Cette « analyse » est présentée dans une « ordonnance » drôle et fantaisiste, car ce diablotin de la scène, dit GruGru, court aussi après les traces de Keaton, Chaplin et Tati, il habite parfaitement et discrètement ces personnages nous les attrape et nous les lâchent tel un chat quelque peu espiègle et maraudeur…

Grugru 3 de et par Henri Gruvman, lumières : Julien Marillier.
Théâtre du Petit Saint-Martin jusqu’au 17 Juin 2009 du mardi au samedi à 20 h 40 et dimanche 17 h. Tel Cie : 01 48 08 16 64 site : www.henrigruvman.com

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