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A l’approche du printemps, le Théâtre de la Ville se penche sur les jeunes pousses

par Dominique Darzacq

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Une princesse volontaire, un prétendant défiguré, un général diabolique, un jardinier écolo et une fille de vaisselle ne sont pas les éléments d’un inventaire à la Prévert mais les personnages de L’Amour vainqueur d’Olivier Py, opérette de haute saveur artistique à l’affiche du programme Enfance & Jeunesse du Théâtre de la Ville.
Avec ce spectacle qui fit un tabac lors du dernier Festival d’Avignon où il fut créé, Olivier Py marque sa fidélité à l’univers des frères Grimm. S’il aime à s’inspirer de leurs contes quand il s’adresse au jeune public, c’est justement explique-t-il, « parce qu’ils ne sont pas explicitement pour les enfants », que ce ne sont pas des contes moraux, mais, par les thèmes qui les traversent, la mort, la perte, le désir, ils sont d’abord des contes initiatiques. Pour le créateur sur le qui-vive du temps qu’est Olivier Py, « le grand intérêt de les réécrire pour les enfants est d’interroger le monde tel qu’il est », ce qu’il fait avec L’Amour vainqueur fruit de la réécriture d’un conte méconnu de Grimm Mademoiselle Maleen.
Parce qu’elle a refusé d’épouser celui que son père lui destinait, une jeune fille amoureuse d’un prince est enfermée sept ans dans une tour. A sa sortie, elle découvre un monde ravagé par les conflits et la misère. Pour nouer ensemble l’effroi de la brutalité du monde et le plaisir du théâtre, l’auteur-metteur en scène qui se double d’un musicien, a concocté avec malice une vive et pétillante opérette qui emprunte ses couleurs au cabaret et ses lampions au théâtre de tréteaux. Portée par un quintette de comédiens, chanteurs, musiciens, elle interpelle le jeune public, et nous avec, sur les violences et les destructions de la guerre en même temps qu’elle se fait avec brio porte-parole de son créateur pour qui « le théâtre est l’art de réenchanter le monde détruit par l’âge adulte ». (au CentQuatre du 3 au 8 mars)


Être ou ne pas être normal, telle est la question que pose Pauline Salès à travers Normalito l’histoire rocambolesque de Lucas, un garçon tout ce qu’il y a de normal. Il a dix ans, n’est ni beau ni laid et pense que dans sa classe tout le monde a des singularités. Lui, ne s’en trouve aucune et a l ‘impression qu’il n’intéresse personne, d’être oublié. Or voilà qu’il rencontre Iris, enfant précoce qui elle, se passerait volontiers d’être une petite une fille qui sort de l’ordinaire. Tout les sépare mais ils vont apprendre à se connaître et au cours de leurs échappées, rencontrer dans une gare une dame pipi, une de ces personnes apparemment ordinaire. Mais elle a un secret.
Comédienne, metteure en scène Pauline Salès est d’abord l’auteur de nombreuses pièces jouées dans le monde entier et mises en scène en France notamment par Jean Bellorini, Richard Brunel, Lukas Hemleb. C’est à la demande de Fabrice Melquiot qu’elle a écrit Normalito, une fable sur la normalité et la différence et qui, entre humour et dérision, se demande si au bout du compte nous ne sommes pas tous, tout à la fois différents et semblables. (Carreau du temple du 13 au 15 mars).

Alors qu’avec Normalito Pauline Salès interroge la notion de normalité, de son côté et comme en écho, c’est la cruciale question de la popularité que tisonne David Lescot avec sa nouvelle création J’ai trop d’amis , spectacle conçu comme la suite de J’ai trop peur . On retrouve donc notre gamin de dix ans et demi qui était si angoissé à l’idée de passer de l’école primaire à la sixième que ses grandes vacances furent un véritable enfer en dépit de la plage, des feux d’artifices, des chansons de sa mère et même des conseils de Francis qui a 14 ans et est passé par là. Cette fois-ci ça y est ! Il a bien fallu sauter le pas, entrer en sixième et c’est pire que ce qu’il imaginait ! Il y a beaucoup plus de monde qu’en CM2, ça fait beaucoup d’amis et surtout beaucoup d’ennemis potentiels.
Qu’il s’adresse aux grands ou aux plus jeunes, qu’il revisite l’histoire ou s’empare de l’actualité, David Lescot , artiste aux multiples casquettes, associé au Théâtre de la Ville, se joue des frontières et des styles, aime à frotter ensemble les disciplines artistiques, chacune enrichissant l’autre et fabrique de subtils objets scéniques aux allures de work in progress. C’est évidemment dans cette veine qu’avec J’ai trop d’amis , il reprend les personnages où il les avait laissés, en rajoute quelques-uns et pointe avec humour l’impitoyable univers de la cour d’école. (Espace Cardin du 21 au 29 mars)

Le langage des corps est bien évidemment un puissant vecteur d’imaginaire et c’est à raison que le Théâtre de la Ville propose dans son programme Enfance & Jeunesse Victoire sur le soleil de Filiiz Sizanli et Mustapha Kaplan un « duo de danse fantaisiste où le corps, le langage et le rythme dialoguent en liberté ». (Espace Cardin du 26 février au 3 mars)
Tous ces spectacles ont en commun d’être tissés sur le double fil de l’enchantement et de la pensée et sont à voir aussi bien par les jeunes pousses que par les vieilles barbes et même par les uns et les autres au coude à coude.

Programme Enfance & Jeunesse du 26 février au 29 mars

Théâtre de la Ville-Espace Cardin et les scènes partenaires (horaires variables)
Tel 01 42 74 22 77 theatredelaville-paris.com

Photos « Victoire sur le soleil » ©Askim Elibol, « L’Amour vainqueur » ©Christophe Raynaud De Lage

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