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Critiques / Théâtre

Vive Bouchon

par Marie-Laure Atinault

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Bouchon ! Comment ? vous ne connaissez pas Bouchon ? , cette charmante localité !
Prenez vite un atlas, tracez une médiane de Mourmansk à Gilbratar. Prenez une loupe, une boussole, un pendule. Bouchon est situé dans une zone d’ombre telle que même les satellites les plus perfectionnés ne détectent pas le village le plus célèbre de la communauté européenne.
La chance de Bouchon, c’est Jacques, le maire. Il est d’un dévouement à toute épreuve. Jacques est décidé à ne pas laisser mourir Bouchon. Depuis la fermeture de l’usine cache-pot, le bouchnnais s’exile. Jacques est le champion, l’as des as de la subvention de l’Union Européenne. Rien ne lui fait peur. Il ne recule devant rien ? Mais voila, après avoir fait retourner à l’école son petit frère de 35 ans en CM1 pour le quota, après avoir doté de structures fictives le village, Jacques va pousser le bouchon un peu loin en demandant trois sorties d’autoroute pour Bouchon !
Bruxelles envoie un inspecteur, Robert Flappi, vérificateur des fonds publics.
Bouchon tremble mais résiste !

Un Bouchon qui saute, pour un texte sautillant

Gérard Sibleyras et Jean Dell sont des bienfaiteurs, des zygomatiques. Avec eux nous ne risquons, ni l’ennui, ni la paralysie faciale. Les compères ont signé Le béret de la tortue et Un petit jeu sans conséquence : leur signature est synonyme de qualité et de bonne humeur.Vive Bouchon est la pièce la plus drôle de Paris. Aussi gai qu’un bouchon de Champagne qui saute dans un pétillement de répliques savoureuses.
L’originalité des situations dans lesquelles sont jetés les quatre personnages sont hilarantes. Gérard Sibleyras et Jean Dell créent toujours des personnages qui sont proches de nous avec ce petit plus qui les bascule dans la comédie. Ainsi Odette, la secrétaire de mairie au dévouement exemplaire nous rappelle forcément celle de notre village, sauf qu’elle a une fâcheuse propension à tomber du premier étage.
Le fonctionnaire soupçonneux de Bruxelles ressemble à un contrôleur des contributions sauf qu’il trouve Bouchon, un exploit.

Plus fort que de jouer au Bouchon
(expression populaire du XXème siècle)

Si Vive Bouchon est un régal d’humour, il l’est en partie grâce à un quartor de comédiens. Jean-Luc Porraz est Jacques, le maire. Il est irrésistible dans sa mégalomanie. Il devrait se présenter aux élections, enfin un politique qui affirme qu’il détourne les biens publics. Christiane Bopp, la secrétaire évanescente est un fidèle fidèle petit soldat. Elle est héroïquement drôle. Guillaume Bouchède mérite de sauter une classe, il est tout simplement excellent. Guilhem Pellegrin, l’incorruptible fonctionnaire sauvé par l’amour, donne à son personnage une crédibilité impeccable. Jean-Luc Moreau a fait une mise en scène percutante, il mérite le bouchon d’or.
Certaines répliques et scènes vont devenir “culte”, ainsi que « Les chants polyphoniques Bouchonnais » que le monde entier nous envie.
Tous aux urnes : Vive Bouchon !

Vive Bouchon, comédie de Jean Dell et Gérald Sibleyras, mise en scène Jean-Luc Moreau, avec Jean-Luc Porraz, Guilhem Pellegrin, Christiane Bopp et Guillaume Bouchède, au Théâtre Michel, 38 rue des Mathurins, 75008 Paris, Tél.01 42 65 35 02, jusqu’au 29 octobre 2006.

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