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Une vie en miniature de Caroline Alexander

par Gilles Costaz

Hymne à la liberté

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A-t-on remarqué combien le moment est à la réflexion sur la critique ? Il y a eu les essais de Jean-Luc Jenner, Pour en finir avec la critique théâtrale (édition Atlande), et de Jean-Pierre Léonardini, Qu’ils crèvent les critiques ! (Les Solitaires intempestifs), dont a rendu compte Dominique Darzacq ici même. Dans les premières pages son livre sur ses épreuves après l’attentat contre Charlie Hebdo, Le Lambeau (Gallimard), Philippe Lançon s’interroge sur le style de critique qu’il pratiquait naguère. Notre amie Caroline Alexander évoque aussi la critique par un chemin dérobé qui est celui de la fable. Après avoir publié Ciel avec trou noir, elle fait paraître une sorte de conte fantastique, Une vie en miniature, dont la narratrice est critique de théâtre et d’opéra.
Cette journaliste vit avec ses trois chats, qui l’entourent plus que son mari, plutôt volage, trop rapidement séduit par le premier minois qui passe. Elle se découvre une faculté de métamorphose magnifique : à la demande, elle se transforme en chaton. Changeant ainsi d’échelle, elle peut mener une autre vie, observer sans être repérée, profiter de la douce existence des félins qui n’appartiennent à personne et ne se soucient que de leur propre bonheur. Notre héroïne passe sans cesse de son aspect normal, qui lui permet d’enchaîner les pièces de théâtre et les opéras (elle salue au passage quelques artistes aimés, comme André Engel), à sa version réduite grâce à laquelle tout est possible. Le mari s’éprend de ce chaton inconnu, mais il ne sait pas à qui il a affaire !
Le livre de Caroline Alexander, sans doute assez autobiographique, fort malicieux, d’une tendre ironie, est une sorte de conte d’Hoffmann dont la fantaisie s’enrichit de l’humour acerbe du XXIe siècle. Agrémenté des dessins de Raymond Passauro – dont le graphisme caresse aussi bien les chats que l’écriture de Caroline Alexander -, cette hymne à la liberté chante l’allégresse d’être dans le monde à condition de savoir s’en échapper à loisir. Il n’est pas très moral. Rien de tel que les contes qui n’assènent pas de morale !

Une vie en miniature de Caroline Alexander. Dessins de Raymond Passauro. Editions M.E.O., 108 pages, 14 euros.

Photo DR.

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