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Critiques / Théâtre

Un petit souffle et j’allais tomber de Luce Mouchel

par Gilles Costaz

L’enfance en gros plan

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L’initiative est née pendant le premier confinement : si on proposait sur internet non pas des captations de spectacles mais des pièces en direct ? A cette occasion l’acteur Robert Plagnol créa le site directautheatre.com où il joua lui-même La Femme de ma vie d’Andrew Payne. Une réussite. Aujourd’hui, la structure poursuit sa course et s’ouvre à d’autres artistes. C’est Luce Mouchel qui se charge de l’acte II et – belle surprise de la part d’une artiste qu’on connaît exclusivement comme comédienne (depuis les mises en scène de Jean-Pierre Vincent jusqu’à celles de Catherine Anne) – avec un texte d’elle-même, Un petit souffle et j’allais tomber. Elle est aussi un véritable auteur.
« Je veux des histoires vraies avec des enfants qui meurent », dit son personnage de fillette qui se raconte, ou plutôt détaille ses émotions au cours de ce monologue d’une grande vivacité, ouvert à notre attention d’adultes qui n’ont pas effacé le temps de notre éveil, et sinuant selon les miroitements imprévus de la conscience et les changements d’angle dans une chambre emplie de livres, de carnets à dessin et de photos délavées. Sans le moindre artifice Luce Mouchel joue cette petite qui note des mots sur les feuilles d’un carnet, grignote en parlant, se dresse, s’assoit, se couche sur le ventre. Son personnage est troublé par une photo, et aussi par une nouvelle annoncée et mystérieuse ; ce sera la naissance prochaine d’une petite sœur. Les mots sont simples, et tout à coup d’une stupéfiante profondeur (« J’aurais pu ne pas exister, être tout le temps morte »). C’est comme écrit avec des crayons de couleur, qui poseraient sur le papier toujours la couleur juste et tranchante. Luce Mouchel a ce même jeu de couleurs franches, pleines dans la joie comme dans la gravité. Pierre-Alain Chapuis l’a dirigée dans un présence mobile où l’enfance est saisie en gros plan. Il y a là le chant des mots, de l’interprétation, du moment où tombe la barrière entre passé et présent, c’est-à-dire l’enchantement.

Un petit souffle et j’allais tomber de Luce Mouchel, mise en scène de Pierre-Alain Chapuis, lumières de Laurent Béal, visuels de Pascal Lacoste.

Réservations : www.directautheatre.com, les vendredi, samedi, dimanche 21 h, durée :1 h. (10 euros). Sur le même site on peut voir les mardi, mercredi, jeudi 21 h, La Femme de ma vie d’Andrew Payne avec Robert Plagnol.

Photo Jérôme Cuenot.

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