SAMSON ET DALILA de Camille Saint-Saëns

Israël et Palestine au coeur des utopies d’Aviel Cahn, nouveau directeur de l’Opéra de Flandre

SAMSON ET DALILA de Camille Saint-Saëns

« Omri et Amir sont sur un bateau » : on pourrait en faire un conte ou une comptine à chanter aux petits enfants, mais la chanson ici s’adresse aux adultes. Omri Nitzan et Amir Nizar Zuabi sont tous deux hommes de théâtre, le premier est d’Israël, le second de Palestine et ils se sont embarqués ensemble pour mettre en scène Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns, un opéra tiré de la Bible qui se déroule à Gaza.

Leurs ports d’attache seront Anvers puis Gand en Belgique, sur les tréteaux de l’Opéra de Flandre-Vlaamse Opera que dirige depuis le 1er janvier 2009 le Suisse Aviel Cahn. A 36 ans à peine, ce professionnel dynamique aime les grands enjeux. Il a placé celui de sa première saison sous le signe de l’utopie, et sa première grande production lyrique vise haut. En associant deux hommes que l’actualité désigne comme ennemis il veut sans doute prouver que rien n’est impossible à ceux qui ont décidé d’agir pour se reconnaître et s’entendre. Une utopie à triple détente, à la fois musicale, artistique et éthique.

Passer de l’obscurité à la lumière

Le sage et grisonnant Omri Nitzan est l’une des figures incontournable et réputé rebelle du théâtre israélien, un doyen en quelque sorte. Le très jeune Amir Nizar Zuabi, acteur, metteur en scène et scénographe s’est déjà fait connaître de par le monde, avec notamment son spectacle Jidariyya, (présenté notamment à Paris aux Bouffes du Nord, le théâtre de Peter Brook). Cela fait plus de deux ans que les deux hommes travaillent ensemble sur le projet Saint-Saëns. Pour, disent-ils, que de part et d’autre, les voix des deux peuples puissent se faire entendre, pour qu’ils puissent l’un et l’autre faire face à leurs ennemis communs, l’extrémisme et la manipulation politique dont ils sont les jouets. Passer de l’obscurité à la lumière par d’autres moyens que la guerre semble être leur credo. Les récents et douloureux événements de Gaza n’ont pas entamé leur volonté d’œuvrer ensemble. « Notre travail en équipe est notre mode de contestation », affirment-ils. A travers la musique en tant que puissance abstraite et par le biais de l’art comme arme de persuasion.

Le choix de Samson et Dalila est évidemment emblématique. L’histoire de l’invincible Hébreu vainqueur des Philistins qui se laisse séduire par une courtisane est riche d’échos. Samson révèle à Dalila le secret de sa force, la perd et permet à l’ennemi d’asservir à nouveau son peuple. Quand dans un dernier sursaut il réussit à retrouver sa puissance il s’en sert pour anéantir l’ennemi et mourir pour les siens. Samson serait-il le premier kamikaze de l’Histoire ?

Réponse le 28 avril à l’Opéra d’Anvers.

Samson et Dalila de Camille Saint-Saëns, orchestre symphonique et chœurs de l’Opéra de Flandre, direction Tomas Netopil, mise en scène Omri Nitzan et Amir Nizar Zuabi, décors et costumes Amir Nizar Zuabi et Ashraf Hanna, chorégraphie Stijn Celis. Avec Torsten Kerl et Marianna Tarasova.

Opera de Flandre à

Anvers : les 28, 30 avril, 2, 5, 8, 10 mai

Gand : les 17, 19, 22, 24 et 26 mai

+32 (0) 70 20 02 02 – www.vlaamseopera.be

Crédit photos : Annemie Augustijns

A propos de l'auteur
Caroline Alexander
Caroline Alexander

Née dans des années de tourmente, réussit à échapper au pire, et, sur cette lancée continua à avancer en se faufilant entre les gouttes des orages. Par prudence sa famille la destinait à une carrière dans la confection pour dames. Par cabotinage, elle...

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