Accueil > Riquet à la houppe, un conte musical d’après Charles Perrault

Critiques / Jeune Public

Riquet à la houppe, un conte musical d’après Charles Perrault

par Dominique Darzacq

La vérité des apparences

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Il était une fois un prince très laid et si mal bâti qu’on l’eût facilement pris pour un monstre. On le baptisa Riquet à la houppe en raison d’un toupet de cheveux, à moins que ce ne soit une corne, qui ornait son crâne. La fée qui présidait à sa naissance prédit à la mère affligée que son rejeton serait très spirituel et aurait le pouvoir de partager son intelligence avec sa bien aimée. Les fées, on le sait, affectionnent particulièrement les berceaux. C’est ainsi, qu’un peu plus tard, la même fée se trouvait aux côtés de la reine d’un royaume voisin qui accouchait de deux filles. L’une aussi stupide que belle, l’autre aussi moche que futée. A la mère qui demandait si elle pouvait injecter un peu d’esprit à celle qui était belle, la fée répondit que ce n’était pas possible, mais qu’elle aurait, en revanche, le pouvoir de rendre beau celui qu’elle aimera.
L’un et l’autre, un beau jour, se rencontrèrent dans la forêt ; le laid déclara sa flamme à la belle princesse qui, après un an de réflexion, épousa Riquet à la houppe qu’elle finit par trouver beau.

On ne voit bien qu’avec le cœur

Comment, sans tomber dans l’ennui pédagogique ou la mièvrerie, mettre sur la scène un conte qui nous raconte, à sa façon, qu’on ne voit bien qu’avec le cœur ? Comme l’a fait Jacques Falguières, adaptateur et metteur en scène, en prenant des libertés avec Perrault, en glissant entre les dialogues d’allègres ritournelles (musique de Frédéric Lagnau) pour en faire un sympathique feuilleté musical qui parfois fait de l’œil aux Parapluies de Cherbourg.
Contrairement à la Belle au bois dormant, Barbe bleue, Cendrillon, et autres personnages des Contes de la Mère l’Oye, Riquet à la houppe n’est pas issu des contes populaires anciens ; C’est dans un roman de son temps que Charles Perrault a puisé son inspiration. En effet, les thèmes du paraître, du bel esprit, de la métamorphose amoureuse agitent beaucoup les salons du XVIIe siècle, qui est également le moment où s’invente le théâtre moderne et ses machineries. La belle scénographie de Philippe Marioge, faite de marqueterie à chausses trappes et de toiles peintes, qui reconstitue un théâtre de l’époque est une allusion délibérée à la naissance du héros en même temps qu’elle multiplie les espaces, les ouvre aux changements d’ambiance, et nous fait passer du monde fantastique de Riquet à celui du paraître des reines, rois et princesses. Jacques Falguières qui n’hésite pas à transformer les lustres en fée, se garde bien du coup de baguette magique qui transformerait Riquet à la houppe en prince charmant, puisque comme le dit la chanson finale :« tout est beau dans ce que l’on aime , tout ce que l’on aime a de l’esprit »

Riquet à la houppe. Conte musical d’après Charles Perrault. Adaptation et mise en scène Jacques Falguières. Musique Frédéric Lagnau
Avec Pauline Bolcatto, Jacques Falguières, Simon Falguières, Delphine Lainé, Yves Robert Viala.
Scène nationale d’Evreux / Louviers tel 02 32 78 85 25 ou 02 32 25 23 89
Durée : 1 heure.

A Louviers jusqu’au 22 janvier ; Gisors 5 et 6 février, Gravigny (La Maladrerie) du 11 au 20 février

Crédits photo/ Siloé

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.