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Penthésilée d’après Kleist

par Gilles Costaz

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Est-ce encore la tragédie de Kleist, cette version compressée que présente le théâtre de Sartrouville ? Le metteur en scène, qui est lui même auteur de l’adaptation, a recomposé le texte pour en faire un récital, un solo, un cri, le jeu solitaire d’une actrice entourée de quatre chanteuses et deux musiciens. Penthésilée, reine des amazones, ennemi des hommes, défie Achille dont elle est, en fait amoureuse. Elle doit le vaincre pour respecter les codes de son peuple féminin et en faire ensuite son mari. Mais Achille triche et manipule la guerrière qui, les seins coupés, se consume dans le désespoir.
On ne comprend guère pourquoi Sylvain Maurice a conçu un texte tantôt écrit à la première personne tantôt à la troisième, nous faisant naviguer du récit au monologue. Cela crée une certaine confusion alors que tout était mis en place pour que le spectacle parte clair et droit, comme une flèche. Dans un costume doré et assez masculin, Agnès Sourdillon figure une amazone intemporelle, tandis que les chanteuses traduisent la diversité culturelle des musiques et donc du monde. L’actrice, dont la présence insolite a illuminé bin des spectacles, a un punch sensible et une voix grave qui colore les mots d’une gouaille gavroche. Elle a belle allure dans cette course immobile qu’elle opère au centre du plateau, comme poussée par le nerf des chants et des accords. Mais Grâce aux vidéos de Loïs Drougazet, l’univers plastique qui habille la cage de scène ne cesse de changer ; il est végétal, abstrait, orageux, rougeoyant, arachnéen… C’est esthétiquement séduisant, et porté avec fièvre. Mais l’on n’est plus dans l’effet moderniste que dans la recréation moderne, qui exigerait que l’on entre davantage dans le tourment mental de la reine trompée et saisie par la folie.

Penthésilée d’Heinrich von Kleist, 
traduction d’Eloi Recoing et Ruth Orthmann, version scénique et mise en scène de Sylvain Maurice
assistanat à la mise en scène
Béatrice Vincent
composition et direction musicale
Dayan Korolic
scénographie
Antonin Bouvret
costumes
Virginie Gervaise
lumière
Gwendal Malard
vidéo
Loïs Drouglazet
son
Jean-François Domingues
avec Agnès Sourdillon, Janice in the noise, 0phélie Joh, Julieta,
Dayan Korolic, Mathilde Rossignol, Paul Vignes.

Théâtre de Sartrouville et des Yvelines – CDN, tél. : 01 30 86 77 90 , jusqu’au 27 mars. Puis NEST - CDN transfrontalier de Thionville / Grand Est, le 27 mai. (Durée : 1 h 10).

Photo Christophe Reynaud de Lage.

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