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Critiques / Théâtre

Opal, une enfant d’ailleurs d’après le journal d’enfance d’Opal Whiteley

par Marie-Laure Atinault

Avignon Off - Au fond de la Forêt, le monde de la douce Opal

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Opal est une petite fille qui trouve le salut dans l’observation poétique du monde. Elle est née en 1897 en Oregon. Elle vit dans un campement de bûcherons, son père travaille à la scierie. Sa Mère a bien du mal à comprendre cette petite fille rêveuse. Elle aime lire, écrire, se promener dans les bois, s’occuper des animaux. De sa mère, que cette enfant trop précoce énerve, elle reçoit des taloches et des punitions.
Opal trouve le sens caché des mots, donne des noms aux animaux, le cochon est nommé Peter Paul Rubens, elle transforme une chaussure de bébé en lit pour sa souris, elle comprend les oiseaux. Pour elle « son vrai père » est le naturaliste français Henri D’Orléans.

En 1920, elle publie son journal. Le livre remporte un gros succès. Mais elle devra subir une campagne de diffamation particulièrement hargneuse. Opal voyage, mais elle est fragile et passera le reste de sa vie dans des hôpitaux psychiatriques.
Aline Karnauch a eu un coup de foudre pour ce journal d’enfance d’Opal Whiteley. Comment ne pas être touchée par le destin tragique de cette femme attaquée au cœur de son œuvre. La langue d’Opal est truffée de trouvailles, de descriptions délicieuses et naïves, empreintes d’une poésie libre. Opal est une autodidacte, elle lisait tout se qui lui passait sous les yeux, elle a forgé son style, au cœur des balades qu’elle faisait, de ses rencontres avec des voisines qui lui donnaient plus d’amour et d’attention que sa propre mère.

Comment mettre en scène tout ce monde, cette nature généreuse et Opal que nous suivons de ses 8 ans à sa mort ?

Aline Karnauch et Jacques Kraemer ont pris le parti de partir de la lecture, la comédienne Aline Karnauch sera Opal. Avec un lumineux talent elle nous porte la parole de la fille du bûcheron. On ressent l’émerveillement de la petite fille qui découvre une plante qu’elle ne connaissait pas encore, de la jeune fille qui voit son journal publié et de la femme bafoué. Il suffit à la comédienne de retirer un vêtement pour un autre pour changer d’âge. Jacques Kraemer, sur scène sera le lecteur qui apportera les éléments biographique qui changera les accessoires. Il fallait beaucoup de légèreté pour ce spectacle, une simple corde à linge devient le fil d’Ariane pour ce joli récit. Les pinces à linge portent des morceaux de tissu qui sont les décors aériens du récit. C’est simple, élégant et éloquent.

Il y a beaucoup d’amour dans ce spectacle, de tendresse. On ressort avec l’envie d’en connaître plus sur la tendre Opal et de lui rendre justice en lisant son journal, au cœur d’une enfance rêvée.

OPAL, une enfant d’ailleurs
D’après le journal d’enfance d’Opal Whiteley
Une œuvre scénique de et par Aline Karnauch et Jacques Kraemer
Production : Compagnie Jacques Kraemer
Collaboration Jean-Philippe Lucas Rubio
Tissus peints Catherine Lescure
D’après des extraits du Journal d’Opal Whiteley, 1920 (La rivière au bord de l’eau, Journal d’une enfant d’ailleurs, traduction française d’Antoinette Weil, La Cause des Livres, 2006,) et des éléments de la postface de Martine Lévy de l’édition française.
Festival Off Avignon
Salle Roquille 11h
Tél 06 77 82 80 75

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