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Critiques / Comédie & Humour

Muriel Robin Tsoin Tsoin !!!

par Marie-Laure Atinault

Une si longue absence…….. !

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C’est l’affluence des grands soirs au théâtre de la Porte Saint Martin, pas un seul strapontin n’est inoccupé. Il règne une ambiance joyeuse, celle des retrouvailles. Pour ce rendez vous attendu, espéré les Robin’s gang sont présents pour retrouver leur Mumu. Elle arrive en super forme, un peu inquiète au début, ils sont comment ce soir ?? Ils sont impatients, heureux de retrouver celle qui les fait tellement rire. En pantalon et chemisier noirs, rajeunie, souriante, elle nous parle comme à des amis. Dés les premières minutes, elle crée une complicité, une intimité telle que chaque spectateur sera persuadé que c’est à lui, ou à elle, que personnellement Muriel Robin s’est confié. Tsoin Tsoin est une conversation à bâtons rompus, et sans tabou sur les raisons de cette si longue absence parfois mal perçue, mal comprise. Elle raconte tout sans jamais tomber dans le pathos à deux sous, ou le misérabilisme. Muriel Robin nous raconte tout simplement sa vie, ses peines, ses joies. La petite Muriel eut une enfance entourée par des parents attentifs. Ils travaillaient sans arrêt, Monsieur et Madame Robin. Les bisous, les câlins ce n’étaient pas leur truc. Ils ne savaient tout simplement pas dire à Muriel et à ses deux sœurs aînées qu’ils les aimaient car, pour eux cela allait de soi. Antoine, son papa est un homme entouré de femme. Il rêvait d’un garçon et très tôt, il considéra Muriel comme son fils en en faisant son meilleur copain de bricolage. Ah il ne faut pas lui en promettre à Mumu pour percer, fraiser, clouer. Antoine lui a tout appris. Au lieu de se déguiser en princesse, Mumu est en Cow-boy et fume la pipe. Un vrai garçon manqué !
A huit ans c’est la révélation, Muriel découvre la musique. Dans sa chambre, elle devient chef d’orchestre les coussins n’en reviennent pas ! Elle fredonne avec délectation le Boléro du divin Ravel. Et puis et puis il faut aller voir ce spectacle.

Muriel Robin a le sens du plateau et du public, elle ne racole pas les applaudissements. Elle regarde, sent frémir la salle. Elle est si forte, apparemment, mais si fragile. Elle est si drôle, mais si grave. Reine de la pirouette arrière, quand elle évoque les pompes funèbres, le rappel de ses dons de bricoleuse déculpabilisera plus d’un qui dans ces circonstances avait des pensées parasites. Un sommet est le moment où Muriel décortique les expressions, les fameuses dormir sur ses deux oreilles ou prendre le taureau par les cornes, déclenche un raz de marée de rire. Elle nous raconte ses succès ses angoisses, l’abîme noire de la mélancolie, l’Alzheimer de sa mère, son mal de vivre, les charlatans qu’elle a consulté. Et puis l’amour, le soleil ! Et la musique le lancinant tempo du Boléro et Muriel redevient chef d’orchestre de nos rires et dirige son boléro de la vie pour un final qui nous a cueilli jusqu’aux larmes !

Muriel Robin Tsoin Tsoin - One Woman Show écrit et mise en scène par Muriel Robin. Assistée de Clara Guipont
Théâtre de la porte Saint Martin, Paris 10 - Tel : 01 42 08 00 32
Jusqu’au 19 Octobre, puis tournée dans toute la France.

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