Paris, Petit Saint-Martin
Love de Murray Schisgal
Vaudeville sur un pont new-yorkais

New York. Un homme s’apprête à se jeter dans l’Hudson du haut d’un pont pour mettre fin à ses jours. Passe quelqu’un qui le reconnaît : ils étaient ensemble en fac. Ils s’embrassent. Le suicidaire reprend goût à la vie et même goût à la femme de son ami. Le temps va passer. C’est chaque fois sur le pont qu’on aura des nouvelles (sans cesse changeantes) de ces trois personnages revenant toujours de l’un à l’autre.
La pièce a eu autrefois un grand succès international (à Paris, elle fut merveilleusement créée par André Dussollier, Patrick Chesnais et Claude Rich). Schisgal est un auteur américain sans cesse joué, depuis ses Dactylos jusqu’à 74 Georga Avenue. Terzieff monta et joua certaines de ses pièces. Mais, cette fois, le plaisir n’est pas au rendez-vous. La comédie a perdu de sa nouveauté. Elle est un peu mécanique, sans épaisseur. La mise en scène de Jean-Laurent Silvi, qui dispose d’un très beau décor de pont par Pace, joue plus la situation que l’intériorité. Dans les deux rôles masculins Silvi et Jean Adrian ont de la fantaisie, mais peu d’arrière-plans. En femme cyclothymique Julia Duchaussoy affirme à la fois plus de drôlerie et de vérité. Mais c’est la faute au temps qui passe : la pièce a mal vieilli et l’on n’a pas su la botoxer.
Love de Murray Schisgal, adaptation de Pascale de Boysson et Maurice Garrel, mise en scène de Jean-Laurent Sivi, décor d’Agostino Pace, lumières d’Eric Milleville, costumes de Pascale Bordet, son de Michel Winogradoff. Petit Saint-Martin, tél. : 01 42 02 32 82. (durée : 1 h 15).



