Lève-toi de Sarina

Solo oral et musical, autobiographique et militant

Lève-toi de Sarina

Sarina, artiste non-voyante, retrace un parcours de vie qui l’a menée du handicap au partage créatif. Ses jalons sont des chansons de femmes ayant milité en faveur d’un monde plus solidaire, davantage ouvert au partage et au plaisir conscient d’être vivantes.

Seule en scène, au centre d’un espace meublé par la présence de son piano et de sa guitare, Sarina témoigne et offre. La sobriété livre sans artifice un message positif contagieux. Être victime d’un handicap physique n’empêche nullement de trouver une place au sein d’un monde où la majorité des humains possèdent l’usage de leurs cinq sens. Le manque ne doit pas être une fatalité subie. Plutôt l’occasion offerte d’aller au-delà, de cultiver le potentiel positif qui sommeille en chaque personne.

Le parcours commence par un hommage à sa grand-mère qui a stimulé sa créativité. Les suivantes ont été choisies pour le rôle qu’elles ont joué dans l’histoire, pour les combats qu’elles ont menés. Chacune invitée à être présente au cœur de ce récital par l’intermédiaire d’une chanson.

Nina Simone lui succède avec son engagement contre le racisme étasunien endémique , suivie par Joséphine Baker qui s’exila entre autres à cause de cela en France. Le projet mené par Simone Veil afin que soit reconnu le droit pour les femmes de choisir librement si elles ont la possibilité d’être mères ou pas est illustré par la très émouvante chanson d’Anne Sylvestre :« Non, tu n’as pas de nom  ». Avec Joan Baes, militante des droits civiques, ce sera « We shall overcome ». Le tout associé au symbole mythique de Woodstock.

La libanaise Fairuz emmène vers d’autres engagements liés aux événements du Moyen Orient et aux tentatives de reconnaissance des droits des femmes dans des régimes à dominante religieuse conservatrice. Ensuite, une étape à tango grâce à Mercedes Sosa dont la chanson « Gracias a la vida » résume parfaitement la démarche de Sarina : une farouche croyance en la vitalité de l’existence à travers tout ce qu’elle permet de réaliser lorsque la volonté vient atténuer le handicap par l’élan de la créativité.

Ce récital n’étant pas restreint à la pensée critique ni à la réflexion philosophique, l’artiste invite au partage et incite à la participation. Elle conve celles et ceux qui le désirent de la rejoindre sur scène pour que les corps viennent exprimer leur connivence avec la musique. Le « Pata Pata » de Myriam Makeba qui tant milita contre l’apartheid y correspond rythmiquement. Billie Eilish, née d’une fécondation in vitro, propose alors, avec «  Lovely », l’obstination à sortir d’une dépression, l’espoir d’y parvenir.

Les derniers couplets aux paroles de Barbara Pravi ont donné son titre à ce récital : «  Lève-toi  » : « Ne laisse pas s’installer la violence, le rejet de l’autre et l’ignorance / Que nos voix ensemble se soulèvent / Et nos mains unies enfin nous relèvent, enfin nous relèvent ».

La démarche de Sarina allie la confidence individuelle et le message universel, l’intime et le collectif. Elle convient bien à sa volonté de transmettre un message féministe solidement relié à une évolution progressiste des volontés démocratiques. Elle s’inscrit en filigrane des valeurs sociétales qu’elle défend. Sa voix - contrairement à celle d’une majorité de chanteuses au mince filet de voix et à la diction incertaine - porte et vibre soutenue par les notes de son piano ou de sa guitare. Plus que jamais le positif est à semer afin de récolter un avenir moins enténébré.

Durée : 1h
26.03.2025 Festival « Guerrières ! » Arsonic Mons (Be)
A l’affiche : 02.04.2025>21.05.2025 (chaque mercredi 21h) Essaïon Paris

Conception, écriture : Sarina ; direction musicale : Ilan Abou ; scénographie : Nitsan Cohn ; regards extérieurs : Tania Gaberski, Charlie Dupont ; © photo Patrick Berger

A propos de l'auteur
Michel Voiturier
Michel Voiturier

Converti au théâtre à l’âge de 10 ans en découvrant des marionnettes patoisantes. Journaliste chroniqueur culturel (théâtre – expos – livres) au quotidien « Le Courrier de l’Escaut » (1967-2011). Critique sur le site « Rue du Théâtre »...

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