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Critiques / Théâtre

Lettre d’une inconnue d’après Stefan Zweig

par Gilles Costaz

La violence d’un amour silencieux

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Lettre d’une inconnue de Stefan Zweig n’est pas une pièce de théâtre, mais quel succès à la scène ! Les adaptations ont été très nombreuses, surpassant celles de 24 heures de la vie d’une femme, pourtant déjà très transposé par les compagnies d’art dramatique. Pour Lettre d’une inconnue on peut penser à la lointaine interprétation par Elisabeth Tamaris dans la mise en scène de Philippe Honoré ou celle, plus récente, de Sarah Biasini dirigée par Christophe Lidon. A présent voici celle de Laetitia Lebacq, qui assure à la fois la mise au point du texte, la mise en scène et l’interprétation.
On connaît l’intrigue : une femme écrit une lettre à un écrivain qu’elle a passionnément aimée. Elle a passé quelques nuits dans ses bras, puis il a disparu. Elle a eu un enfant de lui, qui est mort. Elle va continuer à vivre dans la passion de cet homme, dans la violence d’un amour silencieux. Elle a d’autres aventures, mais par désespoir, pour se griser et repousser la tristesse. Après plusieurs années, elle peut séduire à nouveau son séducteur, mais il ne la reconnaît pas. Vieillie, elle disparaît après avoir écrit une longue lettre d’ « inconnue » à cet infidèle.
Laetitia Lebacq fait éclater la stricte interprétation littéraire grâce à un jeu largement corporel et chorégraphique. Dans un décor d’appartement où se côtoient une petite chambre et un salon où subsistent des cadres de tableau vides, son personnage évolue de manière volontiers pathétique mais dans une grande beauté des gestes, enveloppé parfois par la musique, les voies enregistrées et la vidéo. Laetitia s’inscrit avec évidence dans la liste des grandes interprètes du rôle.

Lettre d’une inconnue d’après Stefan Zweig et la traduction de Sylvie Hawlett (éditions Magnard), adaptation, mise en scène et interprétation de Laetitia Lebacq, assistanat de Patricia Marquet, scénographie de Muriel Lavialle, chorégraphie de Sandra Pinto-Régal, lumières de Johanna Legrand, musique de Thomas Marqueyssat, production de la compagnie Strapathella, voix de Jean-Baptiste Verquin.

A Folie Théâtre jusqu’au 27 janvier, tél. : 01 43 55 14 80, puis les 23 & 24 mars à Fontainebleau, à l’Ane Vert (6 rue des Sablons -09 83 09 97 39). (Durée : 1 h 20).

Photo Félix Lahache.

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