Paris - Théâtre du Petit Hébertot, à partir du 1er juin

Les douze pianos d’Hercule

Une heure de fou-rire en musique

Les douze pianos d'Hercule

Molière du Théâtre Musical 2010, Jean-Paul Farré reprend sa désopilante
promenade dans l’histoire de la musique...

Il déboule sur la mini scène du Petit Hébertot comme si une mouche l’avait piqué au mauvais endroit, ce qui avec ce Farré qui en cache tant d’autres, avec ou sans accent aigu, n’est pas nouveau. Chaque fois que Jean-Paul, as virtuose de jeux de mots dignes de l’Almanach Vermot, et de poids léger boxant à tout va son noir partenaire à clavier, il a toujours ce petit air de celui qui se demande et demande au public ce qu’il fait là.

De retour d’Avignon à la case piano, après une longue traversée de la musique en solitaire, il répond cette fois par une douzaine de travaux forcés sous la garde décoiffante d’un Hercule en folie. Crinière neigeuse en pétard, queue de pie noir de concertiste assermenté le voilà aux prises avec un instrument fermé à clé, un monticule de tabourets de toutes les couleurs, mais uniformément rebelles et un sac à malices d’où pétaradent les gags les plus farfelus. Après avoir livré bataille à l’instrument récalcitrant, après l’avoir vidé, nettoyé, accordé (?), il finit, on se demande comment, par le faire sonner juste (ou presque). Alors commence sa leçon magistrale en l’honneur de ce Frédéric Pinchot, compositeur majeur dont on commémore actuellement l’unique sonate pour piano, fleuron du romantisme… Lequel entraîne prof et élèves spectateurs dans une virée sans filet dans les arcanes de l’histoire de la musique de notre temps, avec quelques arpèges acides sur celle qui, dans les années 50, posa quelques diktats castrateurs sur les nouveaux musts de la pratique musicale, avant de dévider, aller-retour, les longues plaintes de la répétitive née en Amérique. Habilement, amicalement Jean-Claude Cotillard a canalisé l’énergie et les débordements du clown électrique, virtuose du clavier qu’il a mis scène.

Trublion burlesque et solitaire, Farré toujours monté sur ressorts, toujours d’une contagieuse vitalité, iconoclaste et poète nous fait passer une heure de rires et fou-rires à consommer en famille et sans modération.

Théâtre du Petit Hébertot, du mardi au samedi à 19h30, le dimanche à 15h00, à partir du 1er juin.

01 55 63 96 06

A propos de l'auteur
Caroline Alexander
Caroline Alexander

Née dans des années de tourmente, réussit à échapper au pire, et, sur cette lancée continua à avancer en se faufilant entre les gouttes des orages. Par prudence sa famille la destinait à une carrière dans la confection pour dames. Par cabotinage,...

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