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Critiques / Rue & Cirque

Les Folies Gruss

par Gilles Costaz

La beauté d’un monde équestre

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Dans la famille Gruss, les discussions tourbillonnent certainement comme les massues dans les numéros de jonglage. Les jeunes générations n’ont pas les mêmes idées que les anciennes, et l’on se met d’accord en revendiquant le passé, le présent et le futur. Ainsi maintient-on la tradition en même temps que l’on attrape de nouvelles idées au vol. Cet hiver, l’aréopage a fait évoluer la formule. D’abord, tout se concentre dans le concept de « folies ». Puis le public peut se restaurer dans un premier chapiteau, avant le spectacle dans le grand chapiteau. Enfin, le spectacle est plus court (il est resserré en une heure et demie et ne dure plus deux heures et demie comme auparavant).
Comme d’habitude, et peut-être plus que jamais, trois générations de Gruss sont en piste. Toujours en haut de la pyramide, Alexis est le maître du dressage et de la monte – avec lui, les chevaux dansent, se dressent et recomposent la beauté du monde, un monde majoritairement équestre. Son épouse, Gipsy, est une écuyère incomparable. Leurs deux fils ont reçu d’Alexis les clés du royaume : Stephan signe les mises en scène, sait tout faire, fait en effet tout sur la piste, avec une rare élégance. Firmin, bien que chargé des problèmes économiques, fait autant de choses, avec un penchant pour le burlesque et l’aérien – son envol amoureux avec sa femme Svetlana depuis le dos d’un cheval jusqu’au toit du chapiteau renouvelle la représentation de Roméo et Juliette ! Les enfants de Stephan, Alexandre et Charles, sont des artistes accomplis, de grande classe. Les plus jeunes, Louis (déjà un clown très doué) et Jeanne, ont bien des talents. La benjamine Célestine en robe rose fait preuve d’une audace gracieuse. Les ont rejoints, hors des liens familiaux, Kaylie Griffieths, belle danseuse et aérienne, et la chanteuse Cndice Parise qui caresse avec une voix de velours l’anglais, le français et l’espagnol.
L’on passe de la phénoménale scène de la poste (où l’écuyer doit faire entrer dans son attelage une quinzaine de chevaux au trot, l’un après l’autre) à des duos ou à des solos. L’esthétique des estampes anciennes évolue vers le chic des revues années 30 en smoking. Des genres variés de musique, du piano solo au rock, dialoguent avec le silence. Les équidés sont beaux, nerveux et pensifs. Il doit être doux d’être cheval chez les Gruss. Il fait bon d’être spectateur chez eux. Le sentiment de splendeur ne s’interrompt jamais, même aux instants clownesques.

Les Folies Gruss, bois de Boulogne, Paris, tél. : +33 (0)1 45 01 71 26, jusqu’au 5 janvier.
E-mail : info alexis-gruss.com folies-gruss.com
Pour venir en voiture
Périphérique extérieur : sortir Porte de Passy
Périphérique intérieur : sortir Porte d’Auteuil et suivre le fléchage
Parc de stationnement gratuit derrière le grand chapiteau, surveillé en soirée GPS : Carrefour des cascades 75 016 Paris Latitude 48.858465 Longitude 2.258043
En métro : Ligne 10 - Arrêt Porte d’Auteuil - Sortie n° 2 Hippodrome d’Auteuil + Navettte Alexis Gruss gratuite
En bus : PC1- 32 – Arrêt Porte de Passy

Photo DR  : Alexis Gruss.

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