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Critiques / Théâtre

Les Beaux de Léonore Confino

par Gilles Costaz

L’amour, c’est la guerre

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Ils sont « beaux ». Un beau couple, sourires d’ange et habits de fête. Mais ils ne sont pas tout à fait vrais. Ils sont dans la pensée d’une petite fille – leur enfant - qui les voit ainsi. Soudain le ton change. Le mari s’en prend à l’épouse qui n’est pas moins doué pour l’invective. Ils ne sont plus que dans le pugilat, poupées barbie auxquels ils ressemblaient plus tôt et qui, à présent, se détruisent à coups de pitoyables phrases assassines. Mais, comme on donne un coup de pied au fond d’un bassin quand l’on sent la noyage proche, les deux « beaux » cherchent à retrouver l’amour. Ils vont peut-être y parvenir.
Léonore Confino est l’un des auteurs les plus passionnants que l’on a vu naître ces dernières années. Quelles merveilles, par exemple, que Le Poisson belge ou 1300 grammes, sa pièce sur le cerveau ! Avec Les Beaux, pourtant, le plaisir est moins grand. La mise en scène n’est plus de Catherine Schaub mais de Côme de Bellescize, qui semble en faire trop et trop adopter le principe des enfantillages sur lequel s’appuie le texte. L’équilibre entre le deuxième et le premier degré, entre l’imaginaire et la réalité intime n’est pas trouvé. Peut-être aussi Léonore Confino se montre-t-elle moins inventive sur le thème de la dispute conjugale qu’elle a déjà abordé, brillamment, dans Ring. Il faut dire que, sur ce thème de la guerre des couples, les pièces sont légion et le renouvellement difficile. Le texte n’en communique pas moins la volupté du jeu aux interprètes, Emmanuel Noblet, sans cesse dans un égarement bourgeois burlesque, et Elodie Navarre, étincelante dans sa joyeuse fureur de fauve mal civilisé.

Les Beaux de Léonore Confino, mise en scène de Côme de Bellecize, décor de Camille Duchemin, costumes de Colombe Lauriot-Prévost, lumières de Thomas Costero, son de Lucas Lelièvre, ave Elodie Navarre et Emmanuel Noblet. (Texte paru cuez Actes Sud Papiers sous le titre Enfantillages).

Petit Saint-Martin, tél. : 01 42 08 00 32. (Durée : 1 h 15).

Photo Emilie Brouchon.

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