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Critiques / Musique

Le Jazz et la Diva opus II

par Caroline Alexander

Du duo au quatuor : musiques et merveilles d’une famille recomposée

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Après le triomphe de leur premier duo-duel musical, Le Jazz et la Diva, né en 2005 sur la scène de la Pépinière Opéra, Molière 2006 du meilleur spectacle musical de l’année, après 200 représentations devant plus de 40.000 spectateurs ébahis et hilares, il était fatal pour le couple Lockwood-Casadesus de tenter une récidive.

C’est chose faite depuis le 8 octobre à la Gaîté Montparnasse et c’est un bonheur. Car les deux compères, faux ennemis mais vrais amoureux de musiques et de vie, ne se contentent pas de bisser leur premier succès, ils l’agrandissent en famille et lui injectent une double ration de fantaisie. Le duo devient quatuor.

Voici donc, à nouveau réunis par Alain Sachs, Caroline la flamboyante diva, en longue robe écarlate, qui « rit de se voir si belle en ce miroir » et Didier en blouson de cuir et baskets qui fait swinguer son violon, tous deux « nés coiffés », comme disaient autrefois les grands-mères, dans des berceaux où la musique tenait lieu de doudou. Petit résumé en clin d’oeil du chapitre précédent, la querelle des classiques grand teint et des jazzys multicolores et multiethniques, avant la présentation des nouveaux venus : côté jardin arrimé à son piano à queue, Thomas, 20 ans, veston anthracite et boucles claires, côté cour David, 22 ans, le minois d’abord encapuchonné façon loulou de banlieue, puis révélé en moue boudeuse sous crinière indisciplinée.

Les deux fils de Caroline qui soudainement de diva se métamorphose en mamma de music hall, attentive à ce que ses rejetons mettent leurs pas et leurs doigts dans la lignée classiquissime du clan Casadesus qui ne compte plus ses princes de musique et de théâtre… Mais c’est sans compter le poids du beau-père qui contamine les gamins trop doués de sa bien aimée pour en faire des voyous de l’impro, du jazz, du rap, du hip hop et j’en passe…

Musiques et merveilles d’une famille recomposée : Puccini, Gounod, Bizet, Bach Haendel s’intercalent entre Django Reinhardt, Stéphane Grappelli, Villa-Lobos revisité et les folies rythmées de Lockwood qui, avec ses fameuses pédales wawa, devient un orchestre à lui tout seul. Thomas Ehnco sert Bach avec le sérieux requis puis se déchaîne en jazzman avant de se jeter sur son violon, David Ehnco gratte de la basse, du clavier électronique, fait planer haut sa trompette… Caroline troque sa robe de bal contre une veste de cuir, elle veut participer au « bluff », dit-elle (comprenez « bœuf »), au « hip hip hop », au rap, au RNB et la voilà, micro en mains, qui chante et scande les cadences de tous les reggaes et associés.

Leur gaieté est contagieuse, la timbre lumineux de Caroline vole vers les étoiles, les battements syncopés de Didier les ramènent sur terre, leurs rythmes conjugués mettent des fourmis dans les jambes et leur humour bon enfant met du poil à gratter dans les zygomatiques.

Le jazz et la diva, opus II par Caroline Casadesus et Didier Lockwood, avec Thomas Ehnco au piano et au violon, David Ehnco à la basse et à la trompette. Conception Caroline Casadesus, Didier Lockwood et Alain Sachs, mise en scène Alain Sachs, lumières Philippe Quillet

Théâtre de la Gaîté Montparnasse – du mardi au samedi à 19h30 – 01 43 22 16 18 – 0 892 701 302 –
www.gaite.comwww.resatheatre.com

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