Paris, Théâtre du Rond-point jusqu’au 13 février

Le Dodo de Yannick Jaulin

Drôle d’oiseau

Le Dodo de Yannick Jaulin

Et si le dodo, cet oiseau disparu de l’île Maurice depuis le XVII siècle, était le symbole de tous les mal-aimés de la terre ? C’est en tout cas le symbole, la figure de proue de Yannick Jaulin, revenu au conte après une double vie d’acteur et parleur, puisque, cinq ans durant, il participa comme comédien aux grandes fresques de Wajdi Mouawad. Jaulin, depuis toujours, brasse le monde de son Poitou natal et les légendes de la nuit de temps. Dans son nouveau spectacle (appelons ainsi son show, puisque Jaulin s’est vite éloigné du conte traditionnel), il télescope l’île Maurice en des temps anciens et le village poitevin au temps d’aujourd’hui : le dodo est un oisif et l’ami Maurice l’est aussi. Ainsi, au gré de comparaisons audacieuses et farceuses, le récit saute sans cesse de l’un à l’autre, déplorant la persécution du volatile qui ne volait pas et que les navigateurs exterminèrent joyeusement, et riant des journées tranquilles mais sans avenir du campagnard au mode de vie en voie d’extinction.
Le nouveau texte de Jaulin est savoureux fruité, sans cesse renouvelé en images comiques. Du dodo on ne connaît guère qu’une estampe. Jaulin en fait tout un tableau, en équilibre entre les temps et les continents. Il n’en reste pas là puisque – ô surprise -, il termine par le récit du combat Mohamed Ali – George Foreman. Pourquoi ? On n’en dévoilera pas la raison, qui est l’une des clés de cette mini-épopée populaire. Jaulin, l’homme qui fit de Pougne-Hérisson le centre du monde, s’empare de tout pour tout repeindre à ses couleurs. Dès qu’à la première minute, il dit « le dodo » avec son accent du terroir et sa malice de renard dans le regard, on sait qu’il va nous avoir par le rire et par sa capacité à faire du grand avec les petits. C’est une nouvelle fois gagné, dans la truculence et la bienveillance.

Le Dodo, texte et interprétation de Yannick Jaulin, mise en scène de Laurent Brethome, musique de Camille Rocailleux, lumières de David Debrinay, costumes de Marie-Frédérique Fillion. (Durée : 1 h 15).

Théâtre du Rond-Point, Paris (tél. : 0892 701 603), jusqu’au 13 février.

Tournée jusqu’au 28 mai : Vierzon 10 mars (Théâtre Mac Nab), Chinon 11 mars (Centre culturel), Cusset 15 mars (Théâtre de Cusset),
Cébazat 16 mars (Le Sémaphore), Machecoul 23 mars (Espace de Retz),
Châteaubriant 24 mars (Théâtre de Verre), Ancenis 25 mars (Quartier Libre), Saint Etienne du Rouvray 05 avril (Le Rive Gauche), Saint Valéry en Caux 06 avril (Le Rayon Vert), Montargis 07 avril (Le Tivoli), Pornichet 12 avril (Quai des Arts), Nantes 13-14 avril (Le Grand T), Vallet 15 avril (Le Champilambart), Vénissieux 19 avril, Grenoble 17-20 mai (MC2), Libourne 24 mai 2011 (Théâtre Le Liburnia),
Aubusson 25 mai (Théâtre Jean Lurçat), Civray 27 mai (La Margelle), Conflans-Sainte-Honorine 28 mai (Théâtre Simone Signoret).

Texte aux éditions du Paradox.

© Hervé Jolly

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A propos de l'auteur
Gilles Costaz
Gilles Costaz

Journaliste et auteur de théâtre, longtemps président du Syndicat de la critique, il a collaboré à de nombreux journaux, des « Echos » à « Paris-Match ». Il participe à l’émission de Jérôme Garcin « Le Masque et la Plume » sur France-Inter...

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1 Message

  • Le Dodo de Yannick Jaulin 6 février 2011 14:12, par sgongné

    Un spectacle singulier. Yannick Jaulin nous perd puis nous capte par la variété de son seul en scène et son talent. Un spectacle sincère, parfois déconcertant mais touchant. L’intime côtoie le spectaculaire.J’ai beaucoup aimé le fond et presque toujours la forme ! A voir.

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