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Critiques / Théâtre

Le Collier de la princesse d’après Goldoni

par Gilles Costaz

Hilarantes fourberies

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Peu de théâtres ouverts à Paris pendant l’été, peu ou pas de nouveautés. Il y a quand même la Comédie italienne, ce petit théâtre de la rue de la Gaïté qui avait fermé ses portes après une quarantaine d’années de bons et joyeux services et les a rouvertes la saison dernière. Son dirccteur, Attilio Maggiulli, a du ressort. Non seulement, il rebondit au milieu des difficultés de tous ordres, mais il a sans cesse de nouvelles idées de pièce, généralement puisées dans l’œuvre de l’auteur maison, le toujours vif Carlo Goldoni. Où se trouve le canevas du Collier de la princesse ou le Talisman, dont Maggiulli a fait son nouveau spectacle, en toute liberté et en restant fidèle à certains principes de la commedia dell’arte ? On ne sait pas, car le texte n’est guère connu, même si son scénario semble nourri des fantaisies assassines de Boccace ou de Machiavel.
Les acteurs nous annoncent d’emblée qu’il n’y aura pas ni d’Arlequin ni de Colombine. Les figures types du théâtre italien se sont envolées ! Place à d’autres, et surtout à deux truands qui ont à vendre un collier prétendument magique et parviennent à mettre la main sur un acheteur imbécile, un docteur amoureux. Le collier rejoint la gorge d’une princesse un peu douteuse. Les quiproquos se multiplieront jusqu’à ce qu’un dernier acte entortillé dénoue cette belle affaire de tromperie.
Parfois masqués, le plus souvent le visage à découvert, les acteurs de la Comédie italienne donnent une leçon de jeu farcesque. Comment être à la fois dans son rôle et en dehors ? Ce sont des maîtres du genre, et l’on ne peut que recommander à bien des acteurs d’aller étudier là cette technique employée d’une manière à la fois directe et sournoise. En compagnie d’Hélène Lestrade, si élégante dans la drôlerie, Jean-Jacques Pivert, Maëlle Salomon, Vincent Morisse et Valentina Vandelli, ce Goldoni cuit à petit feu par Maggiulli met à mal l’esprit de sérieux et nous donnent les joies d’un théâtre forain de luxe – car, même dans la pauvreté, ce rusé de Maggiulli sait donner l’illusion du faste à l’italienne !

Le Collier de la princessse ou le Talisman d’après Godoni, adaptation et mise en scène d’Attilio Maggiulli, assistanat de Claudine Durand-Simon, avec Hélène Lestrade, Jean-Jacques Pivert, Maëlle Salomon, Vincent Morisse et Valentina Vandelli.

Comédie italienne, tél. : 01 43 2122 22. (Durée : 1 h 25). Dotée de peu de moyens et menacée de disparaître, la Comédie italienne a ouvert une souscription ; on peut envoyer des dons au théatre, 19 rue de la Gaîté 75014 Paris.

Photo DR.

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