Paris - théâtre 13 jusqu’au 14 Février 2010
La vie est un songe de Calderon
Des hauts et des bas

A en croire le programme remis au spectateur, La vie est un songe n’est plus exactement une pièce philosophique mais une « séance onirique et baroque de Pedro Calderon ». Toujours fortement influencé par son père Daniel, William Mesguich amplifie la flamboyance là où elle est déjà crépitante et se met au service de « la démesure lyrique où folies meurtrières et psychanalyse cohabitent allègrement ». Avec Sigismond enfermé pour qu’il ne commette pas les crimes annoncés par les astres puis rendu à la vie princière à titre provisoire par un père sans pitié, il trouve un héros qu’il peut incarner dans une grande fureur rêveuse et douloureuse. Sigismond, on le sait, passe de la réclusion à la liberté, de l’irréalité à la réalité, jusqu’à ce que la frontière avec le songe, un instant évidente, se dissolve dans une errance dans la folie. Autant d’éléments qui permettent une mise en scène où la douleur irradie dans le fantastique.
C’est bien ce sentiment qu’apporte un spectacle qu’on peut juger, selon le principe du verre à moitié plein et à moitié vide, d’une certaine somptuosité ou d’une relative maladresse. Il y a là une sincérité, un engagement de tous les participants qui communiquent leur fièvre au public. Il y a en même temps une forme de boursouflure accusée par la pauvreté des moyens en jeu : on vise le grandiose, mais les cubes gondolés et la cellule du prisonnier qui n’est pas sans évoquer une cabine de douche font plus représentation de cours d’art dramatique que grande production professionnelle. La soirée, très inégale, va ainsi d’un haut moment à un bas morceau, d’une splendeur à une banalité, d’un excès séduisant à une exagération ridicule. Mais William Mesguich convainc parfois par sa plainte romantique, Sophie Carrier a de belles apparitions et Alain Carbonnel sait faire jaillir la bouffonnerie dans la tragédie.
La vie est un songe de Calderon, adaptation et collaboration artistique de Charlotte Escamez, mise en scène de William Mesguich, scénographie et lumières de François Marsollier, son de Vincent Hulot, costumes d’Alice Touvet, vidéo d’Emmanuel Broche, avec Zbigniew Horoks, Sébastien Desjours, William Mesguich, Matthieu Cruciani, Rebecca Stella, Sophie Carrier, Alain Carbonnel. Théâtre 13, tél. : 01 45 88 62 22, jusqu’au 14 février (1 h 50). Texte aux éditions Les Cygnes (au théâtre).



