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Critiques / Théâtre

La baleine et le camp naturiste de Philippe Caubère

par Brigitte Coutin

Les mésaventures de Ferdinand en couple

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Créées en 2017, au théâtre de l’Athénée sous le titre Clémence, La Baleine et Le camp naturiste sont les deux premières parties d’Adieu Ferdinand ! suite et fin dans lesquelles Philippe Caubère raconte deux histoires privées même si Ariane Mnouchkine et le théâtre sont évoqués régulièrement, ce qui ravit le spectateur heureux de retrouver les imitations de cette figure incontournable de la vie de Ferdinand.
La Baleine raconte la première infidélité conjugale de Ferdinand follement attiré par une comédienne gironde et vêtue d’un anorak qui lui fait penser à une baleine. Dans la deuxième partie, nous le retrouvons en compagnie de sa femme Clémence et de son frère dans le camp de naturiste de Montalivet. Ces deux histoires s’appuient sur les thèmes du couple, du sexe et de la nudité.
Comme d’habitude Philippe Caubère se dépense sans compter sur scène. Sans cesse en mouvement, il suggère une multitude de lieux différents, parfaitement mis en lumière par le travail de Claire Charliot. Il passe avec habileté d’un personnage à un autre et joue sur une large palette d’émotions. Sur un rythme endiablé, il file la métaphore de la baleine et, tel le capitaine Achab, Ferdinand se lance à la poursuite de ses fantasmes. Il mime avec efficacité et de manière amusante, dans la deuxième partie, les désagréments de voyager à l’arrière d’une Austin mini-break, le père maladroit qui prend une leçon de planche à voile en compagnie de son fils ou encore la difficulté de lire Proust en Pléiade sur une plage venteuse… Tous les talents de clown, de mime et de comédien de Philippe Caubère font mouche.
Si les caricatures burlesques des nudistes qui insupportent Ferdinand sont assez drôles et font penser aux dessins de Reiser auquel Philippe Caubère fait d’ailleurs allusion dans un entretien avec Pierre Notte, l’insistance sur le caractère obscène des postures des nudistes ou le registre grivois lorsqu’il évoque sa rencontre, ses fantasmes puis sa nuit avec la comédienne de la troupe de Théâtre du Soleil, alourdissent quelque peu le propos. De même, la métaphore du camp nazi pour évoquer son séjour à Montalivet, certes suggère tout le mécontentement de Ferdinand et son refus de l’idéologie naturiste, mais reste excessive.
Ce spectacle inégal confirme les talents incontestables de l’acteur Philippe Caubère mais suscite quelques réserves sur l’écriture de ce premier volet d’Adieu Ferdinand !.

La Baleine et Le Camp naturiste, texte, mise en scène et interprétation de Philippe Caubère. Assistant à l’écriture, Roger Goffinet. Lumière, Claire Charliot. Son, Mathieu Faedda. Chanson, André Burton. Photographies, Michèle Laurent, Sébastien Marchal.

Théâtre du Rond-Point, 2 bis avenue Franklin D. Roosevelt, 75008 Paris. Tel : 01 44 95 98 21.
Dates : les 29 novembre, 3, 7, 20 et 24 décembre à 20h30 et les 15 et 29 décembre à 16H
Durée : 2h10

Crédit photo : Michèle Laurent.TIF

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