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La Promesse de l’aube de Romain Gary

par Brigitte Coutin

L’amour indéfectible d’une mère

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Romain Gary publie en 1960 son autobiographie intitulé La Promesse de l’aube dans laquelle Franck Desmedt a sélectionné certains passages qui rendent parfaitement compte de l’ouvrage. Dans un décor sobre avec une rose blanche posée délicatement sur un fauteuil, nous retrouvons Romain Gary, à l’allure impeccable, vêtu d’un costume trois pièces élégant qui évoque sa réussite sociale tant espérée par sa mère. Le comédien en fait un récit particulièrement vivant et parfois drôle dans lequel il incarne tous les personnages, dont la mère de l’écrivain, qui a joué un rôle clé dans la vie et dans la construction de la personnalité de Gary. Cette ancienne actrice russe, divorcée, sans argent, est animée d’une détermination à toutes épreuves pour que son fils réussisse et connaisse un destin exceptionnel. Elle voit en lui un futur Victor Hugo, le croit capable d’accomplir des exploits. Rien n’est impossible pour ce fils adoré. On perçoit clairement cette ambition et cet amour étouffant auxquels le fils tente de répondre du mieux possible. Franck Desmedt traduit avec finesse la complexité de cette relation très fusionnelle.
Au gré d’un récit rythmé, le comédien, qui glisse avec subtilité d’un personnage à l’autre, évoque aussi la grande diversité des rencontres de Gary et son engagement durant la Seconde Guerre mondiale. L’écrivain, qui fut diplomate, avait rejoint la Résistance, puis De Gaulle en Angleterre et intégré les Forces aériennes françaises libres (Romain Gary était un nom de guerre). Des anecdotes côtoient les évènements de la Grande Histoire et l’on rit de la scène entre la femme de ménage espiègle Marinette et le jeune Gary bien timide ou bien à l’évocation du Club du Parc Impérial où sa mère le voit déjà champion de France de tennis même s’il n’était pas encore naturalisé à cette époque.
La vie de Gary fut aussi romanesque que sa mère l’avait souhaitée et ce spectacle met en lumière la place fondamentale de l’amour qui unit ces deux êtres.

La Promesse de l’aube de Romain Gary. Mise en scène, Stéphane Laporte et Dominique Scheer ; adaptation et interprétation Franck Desmedt ; Lumières, Laurent Béal.
Avignon, Théâtre La Condition des soies, 13 rue de la Croix, 84000 Avignon à 18H25. Jusqu’au 31 juillet. Durée : 1h15

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