Accueil > La Parisienne d’Henry Becque

Critiques / Théâtre

La Parisienne d’Henry Becque

par Bruno Bouvet

Barbara, Jérôme et puis c’est tout…

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

On veut bien imaginer le scandale que provoqua La Parisienne d’Henry Becque dans la société corsetée de la fin du XIXe siècle. L’auteur des Corbeaux laisse libre cours au pouvoir de séduction et à l’absence de morale bourgeoise d’une jeune femme charmante qui aime sincèrement son mari mais le trompe joyeusement avec un amant autant joueur que jaloux. Mais de scandale, il n’y a point dans la mise en scène que propose aujourd’hui Didier Long. Le texte, disons-le, a terriblement vieilli et l’intrigue, bien mince, paraît s’étirer sans fin au cours d’une aimable soirée qui sent plus la naphtaline que le soufre. Il ne faut pas chercher ici le second souffle d’un texte qui sortirait revivifié par une nouvelle lecture mais plutôt un témoignage historique, très honnêtement reconstitué dans le cadre d’un théâtre aux allures de musée.

Faute d’inventivité, tout repose ici sur le soin apporté aux lumières et aux costumes (une merveille, signée Renato Bianchi) et, bien évidemment, sur la prestation des comédiens. De ce point de vue, il serait malvenu de remettre en cause l’éblouissante performance de Barbara Schulz, toute de charme et de malice. Le rôle lui va comme un gant et personne ne lui ayant encore demandé d’explorer d’autres registres, elle accomplit son métier avec une grâce incontestable. La présence de Jérôme Kircher, dans le rôle de l’amant jaloux, est plus étonnante dans ce spectacle d’une grande sagesse, lui qui est habitué aux grandes aventures artistiques du subventionné, au Théâtre National de l’Odéon notamment. Il apporte une note moins classique, cherchant constamment des variantes dans un jeu plein de finesse. La complicité qu’il a trouvée avec sa charmante partenaire est le principal attrait d’un spectacle, sauvé de l’ennui par ses principaux interprètes. Manifestement, il ne faut pas demander davantage à cette « Parisienne » d’un autre âge…

La Parisienne d’Henry Becque. Mise en scène de Didier Long. Théâtre Montparnasse, à 20h30 du mardi au samedi, le samedi à 17h30 et le dimanche à 15h30. Rens : 01 43 22 77 74. Durée : 1h30.
Texte publié à l’Avant-scène théâtre

PhotoLot

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.