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Critiques / Théâtre

La Dégustation d’Ivan Calbérac

par Gilles Costaz

Ivresse sentimentale

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Après L’Etudiante et M. Henri et Venise n’est pas en Italie, le talentueux Ivan Calbérac propose sa nouvelle comédie, mise en scène par lui-même, La Dégustation. Le titre fait allusion au plaisir de la boisson, avec un sous-entendu gaillard, car le vin, c’est le plaisir, avec certains jeux de bouche. L’attraction sentimentale puis érotique s’invite en effet entre deux personnages solitaires. Lui, bourru, cassé par une précédente déception amoureuse, vend du vin dans un magasin dont il ne sort guère et boit presque autant qu’il fait boire ses clients. Elle, venue pour acheter le grand cru cher au curé avec lequel elle travaille, n’a pas de vie personnelle puisqu’elle se consacre aux pauvres et, plus encore, à sa solitude. Ils se plaisent et restent à distance, tant qu’un jeune délinquant à reclasser n’entre pas dans le jeu. Celui-ci obtient de la justice l’autorisation de la justice de commencer là un emploi de réinsertion. Avec la présence régulière de ce beur déluré, du libraire voisin et d’un conseiller financier, la ronde des relations tourne comme un manège dans l’intimité du magasin et pousse les deux solitaires vers un peu de folie et une ivresse qui pourrait s’appeler l’amour non éphémère.
Sur le schéma classique des êtres déçus par la vie qui triomphent de la tristesse et aiment à nouveau, le texte d’Ivan Calbérac attrape au vol moins d’orginalité que les textes précédents. On est dans le déjà entendu et le déjà vu mais, dans un décor où pas une bouteille ne manque, beaucoup de scènes sont drôles et la petite chanson de l’amour vainqueur envers et contre tout finit par nous toucher au cœur. Il y a sans doute là tous les ingrédients pour faire un succès populaire, d’autant plus qu’avec les honorables Mounir Amara, Olivier Claverie et Eric Viellard, les deux têtes d’affiche ne jouent pas à l’économie, cherchent et trouvent le jeu qui fait vrai et fait rire ; ce sont Bernard Campan, truculent, comme sorti du bon vieux cinéma français, et Isabelle Carré, craquante en godiche s’ouvrant à la plénitude de la vie.

La Dégustation d’Ivan Calbérac, mise en scène de l’auteur, décor d’Edouard Laug, lumières de Laurent Béal, costumes d’Emilie Magnan, assistanat de Kelly Gowry, avec Isabelle Carré, Bernard Campan, Mounir Amamra, Eric Viellard, Olivier Claverie.

Théâtre de la Renaissance, 21 h, tél. : 01 42 08 18 50. (Durée : 1 h 40).

Photo DR.

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