Jusqu’à la fin novembre
La Chienne dans les orties de Marc-Michel Georges
Un coup de poing

Une femme seule dans un décor de malheur. Quelques canisses qui tracent une ligne qui ondule sur la scène. Cette femme tenait une épicerie, qui a fermé. Elle le sait, ou elle ne le sait plus, tant le choc a été violent. Elle revient pour continuer sa vie. Elle fait comme si rien n’avait été interrompu, alors qu’il n’y a plus d’épicerie, plus de famille à portée de main, plus de client à qui parler. Elle parle. Beaucoup. Dans sa folie. Dans son désespoir. Marc-Michel Georges a saisi la douleur là où elle est la moins lucide et la plus destructrice. C’est un texte qui ne cherche pas l’habileté et la narration d’une histoire. C’est un bloc de souffrance, à vif, à nu. Toute la capacité d’exclure de nos sociétés est là, mais sans commentaire, sans explication. Et c’est plus politique qu’une pièce politique.
La comédienne, Chantal Peninon, opère une étonnante métamorphose en se transformant en un fauve, beau et terrifiant, hallucinant et bouleversant. Un sacré coup de poing.
La Chienne dans les orties de Marc-Michel Georges, mise en scène de l’auteur, avec Chantal Peninon. Aire Falguière, tél : 01 56 58 02 32, jusqu’à la fin novembre (durée : 1 h).



