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Critiques / Théâtre

L’Ecole des Femmes de Molière

par Marie-Laure Atinault

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Le Festival d’Avignon est l’occasion de pourvoir voir et revoir des classiques avec des bonheurs divers. La version que nous propose Nicolas Rigas est une proposition originale et brillante.

Le sieur Arnophle est un homme prudent et soupçonneux. Il annonce à son ami Chrysalde, son prochain mariage. On peut dire qu’Arnophle a mis de la réflexion pour se marier. Il a mis sa pupille Agnès au couvent. Il a veillé à ce que son éducation soit sommaire. Elle sait lire, écrire, compter et coudre. Que faut-il de plus à une femme pour qu’elle tienne le foyer de son mari. Arnophle, en homme avisé, a pris garde à ce qu’elle soit bien cachée au monde. D’ailleurs elle est cloîtrée dans une maison que ses connaissances ignorent. Horace, le fils d’un ami se présente tout naturellement à Arnophle. Le pauvre, il ne sait pas encore que tout son malheur prochain viendra de ce charmant jeune homme Tout se ligue contre lui. Agnès est confinée. Les seules personnes qu’elles cotoye sont les domestiques, Alain et Georgette. La comédie grinçante de Molière est étonnamment proche de nous. La condition de la femme est ici bien représentée. Nous bouillonnons sur place lorsqu’Arnophle lui fait lire des maximes sur la bonne conduite des femmes envers les hommes. Nous rions quand Horace avec la fougue de la jeunesse et sa désinvolture dévoile à Arnophle son infortune. Pour un peu nous le plaindrions presque !

Nicolas Rigas est un enfant de la balle, et il a plusieurs cordes à son arc. Entre Molière et Nicolas Rigas c’est l’histoire d’une longue fréquentation. Très jeune il commence à jouer Molière. Il est également un excellent baryton que nous avons pu applaudir sur plusieurs scènes lyriques. Il était assez naturel, en somme, de penser à lier ses deux passions. Respectueux de l’œuvre sans être psycho rigide, il choisit de faire une représentation en costumes, mis à part celui de la pauvre Agnès, qui reprend celui d’une gravure du XVII siècle, l’option est celle du XIX siècle. Car dans cette école, on chante des airs des Contes d’Hoffman. Agnès chante l’air d’Olympia la poupée des Contes. Encore une histoire de femme formatée pour les désirs d’un homme. La musique n’est pas un contre point mais fait vraiment partie de la respiration du spectacle. Les domestiques, Alain et Georgette sont joués par deux excellents acrobates, Jean Adrien et Romain Canonne, qui font la joie des spectateurs. Rarement ces rôles furent aussi bien traités, cabriole et farce reprennent la tradition du théâtre de tréteaux et de foire des débuts de Molière. Une vraie réussite !

Nicolas Rigas est un Arnophle terrible, pitoyable, pathétique. Il nous offre l’air de Lindorff. Une superbe interprétation.
Cette « École des femmes » fait partie de ces pépites que l’on découvre pendant le Festival.

L’Ecole des Femmes de Molière
Mise en scène Nicolas Rigas,
Avec Nicolas Rigas, Martin Loizillon, Amélie Tatti, et en alternance Romain Canonne, Nicolas Samsoen, Jean Adrien, Salvatore Ingoglia, Benoît Hamelin, Raphael Schwob
Théâtre Notre Dame à 16h10

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