Groucho M de Patrick Courtois
Le Maître de l’insolence

Groucho Marx, c’est l’insolence absolue ! Le blagueur féroce qui drague en raillant les femmes qu’il veut conquérir, l’homme de théâtre et de cinéma qui ne cesse de dire aux producteurs et aux partenaires ce qu’il ne faut pas dire ! C’est aussi un maître de l’absurde. Sa formule « La tentation d’une belle femme peut causer votre perte, si vous avez de la chance » résume bien le personnage et l’écrivain qu’il était. Patrick Courtois a puisé dans les mots et les livres du maître pour composer une sorte d’anti-confession à jet continu : Groucho ne se raconte pas mais invite à partager les folies de son esprit explosif. Cela se passe dans un bureau new-yorkais en compagnie d’une statue des Oscars d’Hollywood, et notre héros ne va rien respecter, ni Hollywood, ni la société où il vit.
Patrick Courtois n’a pas utilisé de postiches pour les fameux sourcils et moustache charbonneux de Groucho. Il a employé du chatterton ! C’est une façon de jouer plus encore avec l’image du héros. Courtois et Ghislaine Laliberté ont bien réglé ce tir de barrage intellectuel. Dans ce spectacle où figure le seul Groucho (il n’est guère question des frères), il manque sans doute quelque chose d’un peu juif new-yorkais à l’interprète, mais il réussit son hommage et sa bataille pour un rire continu et moderne.
Groucho M de Patrick Courtois, mise en scène de Patrick Courtois et Ghislaine Laliberté, costumes et accessoires de Natacha Quan, musique de Vincent Tulli, avec Patrick Courtois.
Essaïon, du jeudi au samedi, 21 h, jusqu’au 11 janvier. (Durée : 1 h 10).



