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Gilles Guillot, un grand artiste discret

par Gilles Costaz

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Gilles Guillot, victime d’un cancer, vient de s’éteindre, à l’âge de 77 ans, dans son domicile de Villiers-sous-Grez (Seine-et-Marne). Ce comédien, metteur en scène et chef de troupe était l’une de ces personnalités du théâtre discrètes mais nécessaires parce qu’insensibles aux lois du marché et de la mode, elles pratiquent et font circuler l’art et le répertoire véritables, loin de tout tapage. Formé par Julien Bertheau, Guillot a joué sous la direction de Laurent Terzieff, Jorge Lavelli, Régis Santon, Stephan Meldegg… Au cinéma et à la télévision, il a tenu des rôles importants devant la caméra d’Agnès Varda et Bertrand Tavernier. Mais il a consacré le plus fort de sa vie à la compagnie du Barouf qu’il créa en 1978 avec sa femme, Isa Mercure. Gilles Guillot et Isa Mercure sont deux personnages inséparables, lui exprimant une fantaisie élégante, elle une extrême sensibilité. La finesse de leurs dons et leur complicité, ils l’ont mise au service d’auteurs au regard et à la langue follement amusés face au monde : poètes, comme Prévert ou Hugo, écrivains de théâtre comme Schéhadé, Dubillard, Ribes… Ils ont contribué à faire connaître ou à apprécier davantage Mrozek, Minyana, Denise Bonal, Daumas, De Vos, Olivier Rolin. Mais c’est sans doute Jean Tardieu et Henri Michaux qu’ils ont servi avec la plus grande acuité et la plus belle constance : avec, pour le premier, « L’Archipel sans nom » (1983, avec des reprises jusqu’en 2003) et « Comment ça va sur la terre ? », et, pour le second, « Je vous écris d’un pays lointain » (1983) et « Même si c’est vrai, c’est faux » (1988, avec des reprises jusqu’en 2007). Leurs Tardieu et leurs Michaux étaient des feux d’artifice !

A partir de 2011, ils ont joué « Love Letters » de A. R. Gurney, d’abord au Petit Louvre, à Avignon, puis au Lucernaire, où ils le donnaient encore cet hiver. C’était une révélation. Beaucoup représentée, cette histoire d’un couple séparé par la vie et s’écrivant en dépit du temps qui passe résonnait avant eux comme une bluette. A vrai dire, elle avait été plus souvent lue à voix haute que véritablement interprétée. Avec Guillot et Mercure, elle devenait authentique et bouleversante. C’est dire que nous ressentons avec une profonde émotion le départ de Gilles Guillot et la solitude d’Isa Mercure.

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1 Message

  • Gilles Guillot, un grand artiste discret 4 août 2013 15:16, par Anne Marie RUBIN

    Chère Isa Mercure. Comme chaque année,en arrivant à Avignon
    j’ai cherché où se produisait votre troupe.
    Hélas vous étiez absents. En consultant Internet, J’en ai compris
    la raison.
    Vous ne pouvez imaginer quelle tristesse j’ai éprouvée en appre-
    nant le décès de Gilles Guillot. Tous deux vous m’avez tellement
    apporté. Entres autres Jean Tardieu et Henri Michaux et tant de
    souvenirs faits d’émotion, d’élégance, de trouvailles poétiques.
    Merci de tout coeur.
    Je serai très désireuse d’acheter des CD de vos spectacles.
    Existent-ils.

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