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Critiques / Théâtre

Entre 15h00 et 15h30

par Marie-Laure Atinault

Un nouveau rendez-vous au théâtre Michel à ne pas rater avec "Un menteur pris au piège".

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Les cinq à sept ne sont plus ce qu’ils étaient !
Fini le temps de la romance, des roucoulades. Entre quinze heures et quinze heures trente, il ne faut pas perdre de temps ! Pauvre Sylvie. Allez ce n’est pas de gaité de cœur qu’elle a pris un amant. Elle était seule ce weekend, encore une fois. Jacques, son volage de mari, travaillait sur un gros dossier, non pas de ces dossiers avec rabattant ou soufflet mais un dossier avec soutien-gorge pigeonnant et guêpière. Lasse d’être trompée, elle a pris ce qu’elle avait sous la main : l’ami et principal collaborateur de son mari, Bertrand. Sylvie veut changer de vie, mais pour changer de vie de couple il faut être deux ou trois c’est mathématique. Elle avait oublié la retenue fatidique, la mère de son amant. Elle ne savait pas qu’il était un poil lâche. Elle avait oublié qu’elle aime toujours son mari.

Jacques est un menteur de classe olympique, mention Pinocchio. L’adage "il ment comme il respire" a été inventé pour lui. Tromper, mentir même combat. Le mensonge est un engrenage, un mensonge en entrainant un autre. Et puis il y a le fatidique grain de sable !

Une comédie qui ne ment pas

Désormais le mois d’août ne rime plus avec « désert » pour les pauvres spectateurs autochtones ou touristes désirant aller au théâtre. Non seulement le théâtre Michel reste ouvert tout l’été, mais de surcroit avec une création. La comédie de Jean-Claude Islert ne devrait pas être qu’un succès estival, mais continuer sur sa lancée si l’on en juge par les rires .
Jean-Claude Islert n’a pas menti en présentant sa pièce, elle est d’une bonne facture. A première vue le schéma semble classique : un mari trompe sa femme et lui ment effrontément pour pouvoir partir sans elle. Mais voilà, il choisit très mal son heure, son alibi et son témoin. Les explications de plus en plus emberlificotées du menteur pris au piège par ses propres mensonges sont proprement jubilatoires.

La pièce, tout en respectant le cahier des charges du genre, bouscule un peu la routine. Bien sûr on a le mari et sa maîtresse, la femme et son amant mais il est minable, et affublée d’une mère envahissante. Après une bonne première scène d’exposition le spectateur devient complice d’une comédie allégrement menée. Pour ce genre, si décrié par ceux qui bien souvent ne le connaissent pas et qui seraient bien en peine de le jouer, Jean-Luc Moreau est un maitre. Sa mise en scène est efficace, rapide. Etant lui-même comédien, il sait parler à sa troupe et en tirer le meilleur. Les têtes d’affiche pour les comédies ont tous passé la soixantaine, les Giraud, Perrin, Arditi, Ballutin, même s’ils ne font pas leur âge, il faut penser à la relève. Arnaud Gidoin est le messie des jeunes premiers comiques. Découvert dans « La bande originale », Arnaud Gidoin a imposé sa haute silhouette de beau gosse qui ne se prend pas au sérieux. Il est un menteur impayable dans cet exercice jubilatoire du mensonge en cascade. Il donne à Jacques son charme dégingandé. Face à lui la découverte d’une silhouette connue mais qui jusqu’à présent restait dans l’ombre, jouant les troisièmes couteaux, Patrick Zard’. Il est l’amant pressé, le grand garçon de sa maman. Il forme avec Arnaud Gidoin un duo comique qui fonctionne parfaitement. Elisa Maillot sait donner du relief au rôle de la femme, et Antoinette Moya est une pétulante mère abusive que l’on a tous envie d’étrangler.

Entre « 15H et 15H30 » est une comédie qui permet de passer une soirée de détente. Il n’y a aucune tromperie, on rit de bon cœur !

ENTRE 15H ET 15H30 - Comédie de Jean-Claude Islert, mise en scène de Jean-Luc Moreau, avec Arnaud Gidoin, Patrick Zard’, Elisa Maillot, Antoinette Moya, Audrey Hamm
Théâtre Michel Tel : 01 42 65 35 02

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