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Critiques / Théâtre

Dormez je le veux ! de Feydeau

par Gilles Costaz

Haro rétro sur les bourgeois !

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Ancien directeur du Centre dramatique de Tours, brillant metteur en scène de théâtre et d’opéra, pédagogue recherché, Gilles Bouillon avait annoncé qu’il s’impliquait à nouveau dans la création contemporaine. Et voilà qu’il nous fait découvrir… Feydeau ! Comme s’il n’y avait pas assez de Feydeau à l’affiche ! Il évite les gros vaudevilles à ressorts et retient deux pièces assez courtes. D’abord le Feydeau des débuts qui, dans Dormez je le veux !, donne à voir les manigances d’un domestique maîtrisant les secrets de l’hypnose et faisant bosser son maître à sa place. Puis le Feydeau de la maturité qui, dans Mais n’te promène donc pas toute nue !, s’amuse des conflits entre un homme politique carriériste et sa femme oublieuse des convenances et se déhanchant à peine vêtue devant les domestiques et d’éventuels voisins aux yeux lubrique.
La scénographie de Nathalie Holt renouvelle très heureusement le contexte du théâtre bourgeois avec un décor aux portes de tissu et des couleurs acidulées. Dans ce cadre quasi enfantin, la mise en scène de Gilles Bouillon trouve le juste point d’équilibre entre le jeu vrai et le mordant de la farce sociale, sans craindre une grivoiserie un peu écoeurante. Frédéric Cherboeuf parvient à composer à la fois un nanti à l’âme sèche et un baladin étonnamment mobile dans ses moments de folie. Nine de Montal retrouve, à la hussarde, si l’on ose dire pour une actrice, l’esprit des grandes cocottes et des imperturbables « madames sans gêne ». Mathias Maréchal incarne parfaitement deux visiteurs ahuris, corsetés et traversés d’une phallocratie bienpensante. Iris Pucciarelli, Vincent Chappet et Paul Toucang parent à la manœuvre en bons matelots des tempêtes conjugales. Le haro sur les bourgeois est réussi, mais c’est un haro rétro. Pour nous parler d’aujourd’hui, Gilles Bouillon devra repasser par la case contemporaine.

Dormez je le veux ! et Mais n’te promène donc pas toute nue ! de Feydeau. Mise en scène de Gilles Bouillon, dramaturgie : Bernard Pico Décor et costumes : Nathalie Holt Lumières : Alexandre Barthélémy Musiques et sons : Alain Bruel, avec Frédéric Cherboeuf : Boriquet/Ventroux, Nine de Montal : Francine/Clarisse, Mathias Maréchal : Valencourt/Hochepaix, Iris Pucciarelli : Emilienne/L’enfant, Vincent Chappet : Justin/Jaival, 
Paul Toucang : Eloi/Victor .

En tournée après la création au théâtre de Châtillon : Tournée j6 Nogent le Rotrou 2019 (28) 10 au 15 décembre 2019 – Anthéa, Antibes (06). 14 janvier 2020 – Théâtre de Cognières (78).
21 janvier 2020 – Théâtre de Saint Germain en Laye (78). 4 février 2020 – Charleville Mézières (08).
6 février 2020– Le Grand Quevilly (76).
18 février 2020 – Le Bouscat (33).
20 février 2020 – Villeneuve sur Lot (47).
6 mars 2020 – La Châtre (36). 10 mars 2020 – Domaine de Bayssan/ Béziers (34) 17 mars 2020 – Epernay (51). 26 mars 2020 – Langon (33).
Photo Pascal Gély.

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