De beaux lendemains d’après Russel Banks
Pour les acteurs

C’est un spectacle qui avait été créé pour les Nuits de Fourvière, à Lyon, l’an dernier, et qui devait trouver sa pleine expression aux Bouffes du Nord, après maturation du projet et remplacement d’une comédienne par une autre (Nicole Garcia se retirant au profit de Catherine Hiegel). Mais la réalisation d’Emmanuel Meirieu reste maigrelette malgré un plateau de comédiens hors du commun. Le roman est connu et a fait l’objet d’un film : après le terrible accident survenu aux passagers d’un car scolaire dans l’hiver glacé d’un état américain, plusieurs personnes content ce qu’ils ont vécu, de la conductrice du bus à une jeune femme rescapée.
Tous ces acteurs sont remarquables : Carlo Brandt, dans le rôle du père de deux victimes, tout dans l’épaisseur du drame et dans la fureur étouffée mais toujours à vif, Judith Chemla, la rescapée, au plus fort de la brûlure de ses souvenirs, Catherine Hiegel, en responsable du drame reconstituant sa vie passée pour repousser cette erreur fatale, et Redjep Mitrovitsa, en avocat mêlant les arguments humains et juridiques du procès qui a suivi la tragédie. Oui, beau quatuor, dont la musique de Chambouvet emplit nerveusement les interruptions. Mais est-ce vraiment un projet théâtral intéressant ? C’est plutôt une mise en voix qui, par dessus le marché, s’appuie sur l’utilisation d’un micro, utilisation d’une certaine façon si gênante que Catherine Hiegel montre son inutilité en s’en passant dans sa dernière intervention. Quels beaux interprètes au service d’une idée littéraire dont la transcription scénique est mince et peu aventureuse !
De beaux lendemains d’après le roman de Russel Banks, adaptation et mise en scène d’Emmanuel Meirieu, traduction de Christine Lebœuf, scénographie et lumière de Seymour Laval, costumes de Moïra Douguet, musique de Raphaël Chamboulet, son de François Vatin, avec Stéphane Balmino, Carlo Brandt, Judith Chemla, Catherine Hiegel, Redjep Mitrovitsa. Bouffes du Nord, tél. : 01 46 07 34 50, jusqu’au 26 juin (durée : 1 h 45).



