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Critiques / Théâtre

Comme en 14 de Dany Laurent

par Gilles Costaz

Les blessures infinies de la guerre

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Comme en 14 de Dany Laurent a connu un grand succès à sa création en 2003. Pas moins de trois Molières ! La pièce repart pour une nouvelle carrière, dans la même mise en scène d’Yves Pignot, mais avec une distribution presque totalement différente (seule, Marie Vincent figurait dans l’équipe d’origine). Le titre renvoie à la guerre de 14-18 mais l’on est précisément en 1917, dans un hôpital situé non loin de l’un des fronts où des milliers d’hommes se font tuer sans cesse et dont beaucoup, atrocement blessés, sont amenés dans un service de soins totalement débordé. Dans une pièce de l’hôpital, l’infirmière-en-chef mène le combat contre la souffrance et la mort, en compagnie de jeunes novices, dont l’une est activement pacifiste. Passent aussi une comtesse dont le fils est soigné là, et même amputé, et un fils de famille un peu débile. Noël arrive ; chacun va s’efforcer d’être gai, mais les sentiments s’exacerbent, les blessures de la guerre sont infinies.
Du côté de l’écriture – il nous faut bien l’avouer -, c’est d’un réalisme sentimental qui n’est plus dans l’air du temps au théâtre et s’exprime plutôt à la télévision et au cinéma. Il y a là un artisanat un peu désuet, qui a son charme à travers une mise en scène précise dans le mode du drame comme dans celui de la comédie et une représentation sans faille pour ce qui est du décor et des costumes. Les comédiens sont impeccables. Marie Vincent, en chef de service râleuse au grand cœur, est formidable. Virginie Lemoine, en comtesse blafarde, est étonnante dans sa façon d’alterner les silences et les éclats de paroles. Ariane Brousse, en jeune infirmière, a de l’allant et de la vérité, tout en donnant à la chanson (très présente dans la pièce) son pouvoir de fantaisie et d’émotion. Katia Miran et Axel Huet donnent respectivement la juste image de la douceur et de l’égarement mental. C’est du crochet, de la dentelle, au petit point, comme autrefois.

Comme en 14 de Dany Laurent, mise en scène d’Yves Pignot, décor de Jacques Voizot, lumières de Jacques Rouveyrollis assisté de Jessica Duclos, costumes de Pascale Bordet, son de François Peyrony, assistanat de Sonia Sariel, avec Marie Vincent, Virginie Lemoine, Ariane Brousse, Katia Miran, Axel Huet.

Théâtre La Bruyère, 21 h, tél. : 01 48 74 76 99. (Durée : 1 h 55).

Photo Laurencine Lot : Ariane Brousse et Marie Vincent.

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