Ce qui restera

Boulevard de l’apocalypse

Ce qui restera

Le 31 décembre, cinq adultes, un enfant et un animal de compagnie électronique se sont mis à l’abri dans une sorte de blockhaus informatisé. Une tornade ne va pas tarder. Chacun s’est ramené avec un maximum de bagages pour conserver un minimum de confort et de vie pratique.

Dès les premières répliques, on aura compris qu’il s’agit d’une pièce de facture boulevardière. Les répliques sont clamées avec entrain par des comédiens dynamiques. Elles sont écrites pour être limpidement explicatives, de façon que la salle soit au courant de tout au sujet des protagonistes. Au point même qu’une des interprètes enregistre ses propres commentaires au micro à propos de ce qui vient se dérouler sur le plateau afin que nul n’en ignore rien.

Tout est plus ou moins prévisible selon les caractères de chacun des individus. Leur conduite se doit de se conformer aux bonnes raisons de susciter des tensions entre eux. Le leit motiv de la pièce au sujet de crustacés laisse même présager la fin de l’histoire.

La construction de la comédie est sans fioritures. Elle se répète à chaque acte. D’abord une séquence de dialogues et d’antagonismes ; ensuite une musique entraînante amène les personnages vers une chorégraphie divertissante corporellement bien assumée.

Les intentions de la troupe sont intéressantes. Il s’agissait de démontrer que les objets dont nous nous encombrons sont quasi superflus puisque nous les accumulons en croyant, à tort, que plus nous consommons mieux nous sommes, alors qu’il serait préférable de s’en débarrasser. Cette démonstration, qui se clôt sur un radeau qui nous méduse, est ici un peu simpliste puisque le dilemme est, en cette occurrence, de conserver des choses ou de périr noyé. À sa décharge (si l’on peut dire) la représentation est accompagnée d’une exposition remarquable par sa qualité et son didactisme.

Mais qui sait, créée en ces périodes où se pointent les festivités de fin d’année, cette pièce conviendrait plutôt bien pour changer de la programmation presque inévitable de « Le père Noël est une ordure  » ou de « Treize à table  ».

Ce qui restera
Interprètes : Gwen Berrou, Isabelle Wéry, Fabrice Rodriguez, Carole Lambert, Martin Rouet
Écriture : Cécile Hupin
Mise en scène : Héloïse Meire
Création lumière et direction technique : Jérôme Dejean
Création sonore : Guillaume Istace
Mouvement : Colline Etienne
Scénographie, costumes : Catherine Cosme
Accessoires, patines : Anna Terrien, Delphine Coërs
Création vidéo : Hubert Amiel
Régie : Grégoire Tempels, Jérémy Van Oste, Julie Bernaerts
Production : Cie What’s Up (www.compagniewhatsup.com)
Coproduction : Maison de la culture de Tournai, Atelier Théâtre Jean Vilar, DC&J Création

Photo : © Crédit photo : Toyqube & Josh Keyes

A propos de l'auteur
Michel Voiturier
Michel Voiturier

Converti au théâtre à l’âge de 10 ans en découvrant des marionnettes patoisantes. Journaliste chroniqueur culturel (théâtre – expos – livres) au quotidien « Le Courrier de l’Escaut » (1967-2011). Critique sur le site « Rue du Théâtre » (2006-2021)....

Voir la fiche complète de l'auteur

Laisser un message

Qui êtes-vous ?
Votre message

Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

S'inscrire à notre lettre d'information
Commentaires récents
Articles récents
Facebook