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Bon voyage, Caroline !

par Christian Wasselin

Saison après saison, Caroline Alexander a brossé le paysage lyrique de Paris et d’ailleurs.

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NOUS SOMMES TOUS victimes du temps qui passe, et c’est avec effroi que je me rends compte que je connais le nom de Caroline Alexander depuis près de quarante ans. Celle qui était pour moi au départ une signature de la presse écrite, allait bientôt m’être présentée par une amie commune, Anne Rodet, hélas disparue au printemps dernier. Caroline allait devenir pour moi une figure familière des théâtres et des salles de concert parisiens, jusqu’au jour où elle eut l’idée, et je l’en remercie rétrospectivement, de me proposer de faire partie de la rédaction de webtheatre. « Il n’y a personne pour se charger des concerts, est-ce que ça te dirait ? » Mais oui, bien sûr !

Avant, affaiblie par la maladie, de transmettre le flambeau à Quentin Laurens, Caroline avait toujours souhaité ne manquer aucun spectacle parisien, même a priori mineur, s’efforçant par ailleurs de voyager dès qu’un opéra donné ici ou là lui paraissait prometteur. Il y avait en elle l’appétit de rendre compte, en appréhendant toujours dans son ensemble l’ouvrage représenté : la chroniqueuse théâtrale qu’elle avait été pendant longtemps, était la complice de la chroniqueuse lyrique qu’elle était devenue. J’écris chroniqueuse car l’ensemble de ses articles publiés dans webtheatre forme un paysage plutôt qu’une série de critiques ; la journaliste en elle avait toujours soin de prendre du recul, de ne pas considérer telle ou telle production isolément.

Caroline était aussi l’auteur d’un livre, « Ciel avec trou noir » (éd. MEO) où elle raconte son expérience de petite fille face à la guerre. Je me souviens d’une soirée dans un un café minuscule, tenu par une vieille anarchiste revenue de tout sauf de ses convictions, où Caroline avait de sa voix douce, à la faveur d’un dialogue sans complaisance, expliqué le pourquoi et le comment de son livre. Là encore, sa mémoire lui avait permis de dépasser sa propre expérience pour explorer au plus vif une situation historique cruelle.

Je suis aujourd’hui face à la mer, et les oiseaux qui volent au loin me disent qu’ils vont l’accompagner jusqu’au bout de sa dernière escapade lyrique.

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