Accueil > Au nom du Pèze, seul en scène de Christophe de Mareuil

Critiques / Festival / Théâtre

Au nom du Pèze, seul en scène de Christophe de Mareuil

par Marie-Laure Atinault

Festival Avignon Off

Partager l'article :
Version imprimable de cet article Version imprimable

Pauvre Richard ! Sa vie est un enfer ! Quoi qu’il fasse, il est condamné à faire de l’argent. Beaucoup d’argent. A l’instar du roi Midas, qui transforme en or tout ce qu’il touche, Richard transforme en affaire florissante la moindre entreprise ! Une fatalité.
Pourtant il se soigne. Mais il a bien conscience que son cas est grave. Il va dans des réunions avec d’autres riches. Il consulte des médecins hors de prix. Il est complètement déconnecté du monde. Les sommes avec lesquelles il jongle sur le net, nous font tourner la tête à nous pauvre petits contribuables serveables à merci. Nous, simples mortels qui ont des fins de mois difficiles et qui craignent que la carte bleue soit avalée. Richard connaît tous les trucs, tous les paradis fiscaux. Nous aimerions bien une fois visiter les paradis fiscaux, quel dépaysement.

Richard est malade. Il est accro à l’argent. Une overdose dont les répercussions atteignent ses proches, plus il s’enrichit plus sa fille maigri. Son fils est un étranger et sa femme sait dépenser, mais elle voit bien que Richard est malade. Le sort s’acharne sur Richard, même lorsqu’il a une idée que Cambronne qualifierait selon son célèbre mot. Richard devient de plus en plus riche et les écolos l’apprécient. Là c’est trop. Il est l’homme d’affaires le plus riche de la planète. Richard va recevoir un prix devant une assemblée constituée par les hommes les plus puissants de la finance. Il est déterminé, Il va agir !

Le Palais Brongniart et Wall Street peuvent trembler. Au nom du Pèze est un texte percutant qui sait allier la pertinence de la dérive de l’ultralibéralisme, au portrait d’un homme finalement assez touchant.

Du crack de Wall Street aux scandales des Panama papers, l’insolence d’un système qui étrangle les plus pauvres et facilite l’évasion fiscale pour les plus riches, le Dieu Pèze est tout puissant, gare aux mécréants. Christophe de Mareuil s’est attelé à l’écriture avec Carole Greep dont le J’aime beaucoup ce que vous faites est devenu un classique et Stéphane Guignon dont la célébrité locale n’est plus à prouver. Ce trio talentueux a concocté un texte percutant, drôle, cynique. Sur scène un comédien et un meuble modulable (qui devrait être breveté). Le fauteuil devient canapé, salle de bains, bureau, voiture, ce système permet que le jeu ne soit jamais ralenti par des changements intempestifs. Christophe de Mareuil est un excellent comédien. Il est un Richard à la fois détestable et touchant. Tel un chevalier cherchant le Graal, il recherche la faillite. Christophe de Mareuil interprète tous les rôles, la petite fille de cinq ans est si tendre qu’on aimerait la consoler, du chauffeur à l’homme de confiance, il donne corps et âmes à une galerie de personnages qui sont entraînés dans cette quête où l’homme le plus riche du monde voudrait devenir pauvre. Une quête désespérée au risque de se perdre. Le final inattendu est une bouffée d’espoir. L’œil avisé d’Anne Bouvier fait merveille, comme d’habitude !

Au nom du Pèze
Seul en scène de Christophe de Mareuil
Mise en scène Anne Bouvier
Texte de Stéphane Guignon, Carole Greep et Christophe de Mareuil
Festival Avignon OFF, Pandora à 12h45

Crédit photo : Lucas Grenier

Le Mur d'affiches


Visitez le Mur d'Affiches...

Qui êtes-vous ?
Votre message
  • Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.