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Allons z’Archives par Jean-Marie Lehec

par Gilles Costaz

Le musée, scène de théâtre

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Le 18 mai avait lieu la Nuit européennes des musées. Entrée gratuite, mais queues considérables. Pour notre part, nous étions aux Archives nationales, rue des Francs-Bourgeois. On y annonçait Allons z’Archives, « parcours santé participatif et gymnique à travers les Archives nationales … pour désenfouir tous ensemble et sous la houlette d’un insolite gardien le souffle révolutionnaire qui a présidé à leur création » de et par Jean-Marie Lehec. Bigre ! Quel événement attendait le public admis dans la partie des Grands Dépôts ?
Dans l’enfilade des salles du deuxième étage, à l’aile droite du bâtiment, un gardien curieux, en effet, attendait les visiteurs, dans les hauteurs d’une bibliothèque, indifférent au vertige que peuvent provoquer l’altitude en milieu fermé et le nombre infini des dossiers classés dans la multitude des rayons. Coiffé d’un bonnet phrygien rouge, vêtu d’une blouse bleue d’employé, l’individu affirmait être là depuis les années révolutionnaires et vivre depuis deux siècles et demi parmi les collections. Passant d’une salle à l’autre par les ouvertures pratiquées dans les rayons supérieurs, il emmenait le public en différents espaces, en donnant fort peu d’informations historiques. Il n’était pas un guide, mais un fantôme ! Et surtout un dispensateur de souffle révolutionnaire ! Il invitait chacun à trouver dans ses poumons et sa respiration le mécanisme vital de 1789…
La visite de ces salles secrètes, endormies, géométriques, touffues, quadrillées, hautaines, lointaines, indéchiffrables, était une chance peu banale. Mais l’on appréciait tout autant la prestation théâtrale de ce comédien conteur, Jean-Marie Lehec, qui subvertissait le sérieux d’un musée par sa fiction burlesque et provocatrice. Lehec n’en est pas à son coup d’essai. Il a déjà semé le trouble dans divers musées, comme le Musée d’art moderne de la ville de Paris et le musée Zadkine.. Avec lui, le monumental et le solennel se dissolvent dans une facétie profonde à laquelle chacun ajoute son propre sens de l’analyse des œuvres et des lieux. Il n’est pas le seul artiste à agir de cette façon. Les Musées nationaux et autres sont ouverts à une politique qui fait pénétrer le théâtre, le monologue et même les scènes dialoguées dans les lieux d’exposition. Mais c’est encore timide et prudent. Les Archives nationales et Lehec donnent le ton. A suivre et à poursuivre !

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