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Critiques / Théâtre

Alice traverse le miroir de Fabrice Melquiot

par Gilles Costaz

Quatre images d’un même mythe

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Emmanuel Demarcy-Mota a mis en scène il y a deux ans Alice et autres merveilles, librement adapté du livre de Lewis Carroll par Fabrice Melquiot. Ce spectacle a beaucoup été joué, et il l’est encore. Mais Demarcy-Mota a eu l’idée d’y ajouter non pas une suite mais un autre miroir du mythe – le mot miroir s’imposant quand on sait que Carroll est l’inventeur de la formule « au-delà du miroir ». Il a confié l’idée à Melquiot mais, auparavant, il a imaginé un point de départ et demandé aux acteurs d’apporter leur contribution. François Regnault, avec son regard psychanalytico-littéraire, et Jean Audouze, avec son point de vue scientifique, ont eu eux aussi leur part d’intervention. Normal puisqu’il s’agissait de faire le pont entre l’absurde de Carroll et les mathématiques modernes. Mais en s’amusant et surtout en faisant entrer en scène, face à Alice, trois autres personnages de très jeune fille : la Dorothée du Magicien d’Oz, le roman de Lyman Frank Baum, la Zazie de Raymond Queneau et une fillette d’aujourd’hui que l’équipe a appelé Rose. Ces personnages se croisent dans la nature et dans des maisons fantastiques, parlent à des fleurs et à des animaux, pénètrent dans des images qui s’inversent…
A dire vrai, puisque la logique est volontairement mise à mal, on perd souvent le fil de cette fantaisie libre comme la plume jongleuse de Melquiot. Le jeu intellectuel est à prendre selon ses connaissances et sa disponibilité d’esprit (l’humour du « nonsense » restant accessible à tous). Mais le plaisir est grand en raison des effets visuels étonnants et d’une équipe d’acteurs à la tête de laquelle Isis Ravel est toujours une Alice fascinante. Valérie Dashwood, Philippe Demarle, Grace Seri, Sandra Faure entourent Alice avec un joli sens des métamorphoses. Le Théâtre de la Ville a tissé une belle songerie dont on peut ensuite, seul ou en groupe, démêler la complexe étoffe.

Alice traverse le miroir TEXTE Fabrice Melquiot D’APRÈS Lewis Carroll MISE EN SCÈNE Emmanuel Demarcy-Mota, assistanat de Christophe Lemaire et Julie Peigné, scénographie d’Yves Collet, Christophe Lemaire, Emmanuel Demarcy-Motta, costumes de Fanny Brouste, musique d’Armand Méliès, son de Flavien Gaudon, vidéo de Baptiste Klein, masques d’Anne Leray, masques d’Anne Leray, conseillers : François Regnault et Jean Audouze. Texte aux éditions de l’Arche.
AVEC Jauris Casanova, Valérie Dashwood, Philippe Demarle, Sandra Faure, Sarah Karbasnikoff, Stéphane Krähenbühl, Gérald Maillet, Isis Ravel, Grace Seri.

Espace Cardin (Théâtre de la Ville), tél. : 01 42 74 22 77, jusqu’au 12 janvier. (Durée : 1 h 15).

Photo Jean-Louis Fernandez.

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