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Critiques / Théâtre

A deux heures du matin de Falk Richter

par Gilles Costaz

Génération start-up

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Falk Richter s’est imposé sur nos scènes depuis une dizaine d’années, tant son regard est aigu sur nos sociétés dévorées par l’économie et sur sa propre trajectoire d’Européen pris dans un monde qui prône l’altruisme et mène à la solitude. Tandis que l’Odéon monte I’m Europe, la modeste compagnie RL (initiales du metteur en scène René Loyon) crée à Paris A deux heures du matin. Il y a à peine une trame dans cette pièce qui préfère faire exploser des états d’âme et composer une structure progressive sans trop s’attacher à la forme de son récit. Des jeunes disent ce qui leur passe par la tête. Employés des start-up, ils sont les représentants d’une société grisée par les affaires et les outils numériques. Ils se sentent un moral de vainqueur et vont pourtant à la dérive. A deux heures du matin, ils vont plus loin dans leur quête de bonheur et de lucidité. Ils brisent un peu ou beaucoup le formatage de leur pensée.
René Loyon, qui fait un travail théâtral permanent dans un atelier très actif, monte l’œuvre de Richter comme une série de courts tableaux arrachés à la nuit. Les lumières de Laurent Castaingt utilisent des couleurs franches : le rouge, le jaune créent des atmosphères étranges de veille prolongée, soutiennent un climat de nervosité noctambule. Les acteurs, Charly Breton, Moussa Kobzili, Olivia Kryger, Hugo Seksig Garcia, donnent aux confessions du texte une force faite de sincérité et de pugnacité. Claire Barrabès est particulièrement étonnante dans un monologue où le personnage dit toutes les femmes qu’elle n’est pas, toutes les stars qu’elle ne sera jamais. Une belle mise à nu du nouveau mal de vivre.

A deux heures du matin de Falk Richter, traduction d’Anne Monfort, mise en scène de René Loyon, dramaturgie de Laurence Campet, lumières de Laurent Castaingt, avec Claire Barrabès, Charly Breton, Moussa Kobzili, Olivia Kryger, Hugo Seksig Garcia.

L’Atalante, 20 h 30 sauf jeudi et samedi 19 h et dimanche 17 h, tél. : 01 46 06 11 90, jusqu’au 13 octobre. (Durée : 1 h 15).

Photo Nathalie Hervieux.

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